Faire ses courses en 10 minutes par semaine et interview avec « Le Magasain »

Le plus gros de mes courses se fait une fois par semaine. J’achète des fruits, des légumes, du pain et des œufs. En dix minutes. Entrer, choisir, payer, sortir. Et tout cela, en prenant mon temps. Pour les autres aliments comme les céréales, fruits secs, riz, légumineuses, fromage, confiture (en pot consigné) biscuits et huile d’olive, je me les procure une fois par mois. Pour les amateurs de viande, elle peut être prise en plus grosse quantité et congelée.

Fruits, légumes, pain, œufs, viande, fromage, poisson, plats traiteurs et pâtisseries peuvent être pris en vrac très facilement et dans de nombreux endroits près de chez soi. Pour le reste de l’alimentation, il faut aller dans des magasins plus spécifiques (voir bonnes adresses).

Même si c’est mon cas, je sais que prendre dix minutes pour faire ses courses n’est pas donné à tout le monde. D’abord, peu importe la durée, cela doit être un moment de détente. Rappelons-nous qu’il s’agit de nous nourrir et prendre soin de soi. Le message aussi que je souhaite faire passer est que vivre sans déchets est beaucoup plus simple qu’on ne le pense. Et il permet de découvrir des lieux étonnants.

Le Magasain est un établissement familial et dédié à la nourriture bio. Depuis mon arrivée à Bruxelles en 2015, je m’y rends chaque semaine. L’équipe est adorable et je souhaitais leur rendre hommage. Gabrielle Teller, une des gérantes, a accepté de répondre à quelques questions.

L’interview

Pouvez-vous décrire le Magasain et son équipe ?
Le Magasain est une épicerie bio qui existe depuis 1986.  Une épicerie “généraliste”, essentiellement végétarienne, avec des arrivages quotidiens de frais. Nous proposons également un grand choix de compléments alimentaires, huiles essentielles et produits de beauté. L’accent est mis sur l’accueil et le conseil client. Notre équipe se compose de quatre personnes.

Pourquoi avoir choisi la nourriture bio ?
Depuis toujours nous sommes très sensibles à la qualité de la nourriture, au respect de la terre et des animaux. Nous voulons promouvoir une alimentation saine, sans pesticides de synthèse, engrais chimiques, OGM et irradiations. Nous désirons également favoriser les producteurs locaux.

Quelle évolution avez-vous remarqué depuis l’ouverture du magasin ? Pour vous et vos clients ?
Il y a 30 ans, mis à part quelques convaincus, la clientèle était clairsemée et méfiante. On se moquait un peu de nous ! Les gens n’étaient pas aussi informés qu’à l’heure actuelle. Cette situation a évolué progressivement jusqu’à la reconnaissance actuelle du bio.  

Le bio, c’est cher ?
Le bio est plus cher, c’est vrai, quoique. En choisissant judicieusement ses aliments, en limitant les achats impulsifs comme les petites douceurs, on arrive facilement à respecter son budget. Finalement, on va à l’essentiel et à la qualité !

Comment vous démarquez-vous des autres magasins ?
Nous existons depuis 30 ans et poursuivons notre propre évolution.  Au-delà d’une base commune, chaque magasin bio a ses spécificités que ce soit par rapport à l’offre ou à la stratégie commerciale.  Nous sommes une épicerie de proximité qui a tissé des liens avec son quartier. Pour nous le contact avec le client est important.

Que pensez-vous du zéro déchet ?
Nous en pensons le plus grand bien ! C’est bien sûr le but ultime, le mettre en pratique demande une réorganisation de notre façon de vivre. Nous observons autour de nous une réelle volonté de recycler et d’adopter un comportement plus écologique. Quant à ceux qui pratiquent déjà le zéro déchet, il y a toujours des précurseurs qui forcent à la réflexion et qui entraînent les autres sur la bonne voie !

Une vie simple, c’est quoi ?
Une vie simple, c’est se débarrasser du superflu, connaître ses priorités et les mettre en pratique dans le respect des autres, de la nature et des animaux.

Qu’avez-vous mis en place pour vous faciliter le travail ?
La gestion d’un magasin bio est compliquée car nous avons de nombreux fournisseurs différents et des commandes qui arrivent tous les jours. Il faut une bonne organisation et une répartition du travail efficace.  Chez nous, tous les membres de l’équipe sont polyvalents tout en prenant en charge une tâche bien spécifique en fonction de ses capacités et de ses préférences. Les horaires sont personnalisés pour permettre à chacune d’avoir des occupations en dehors de son travail.

Quel conseils donnez-vous à quelqu’un qui souhaite ouvrir son magasin bio ?
D’attendre un peu, car on assiste depuis plusieurs années à un nombre incroyable d’ouvertures de magasins bio ! Il y a saturation dans certains quartiers et certaines villes.  Ou alors il faut vraiment bien prospecter. Par ailleurs, il faut de bonnes connaissances en nutrition. Avoir par exemple suivi une formation de naturopathe et être capable de répondre aux nombreuses questions pertinentes des clients. Ce n’est pas si simple !

Quel avenir pour le Magasain ?
Nous sommes heureuses de participer à ce grand mouvement actuel d’un retour vers ce qui est essentiel et sain en réaction à une société de consommation qui a atteint ses limites. Le Magasain poursuit son chemin en s’attachant à respecter ces valeurs.

Merci Gabrielle !

Le Magasain – Chaussée de Vleurgat 287, 1050 Ixelles