1984 – George Orwell

Publié en 1949, ce livre est redevenu populaire récemment, surtout durant la crise du covid, avec le fameux slogan « Covid 1984 ». Mais pourquoi parle-t-on tant de cet ouvrage finalement.

C’est sûrement l’une des choses que j’ai apprises lors de mes études en publicité: si tout le monde parle d’un événement, il faut s’y rendre et le découvrir, que l’on aime ou pas. Par chance, j’ai toujours aimé les fictions dystopiques, l’un de mes livres favoris étant « Ravage » de René Barjavel. Ce fut donc une joie de lire ce roman de George Orwell.

George Orwell est un écrivain britannique né en 1903 et est connu pour ses deux plus grands romans, 1984 et la Ferme des animaux. Dans 1984, il décrit une Angleterre 30 ans après une guerre atomique. Son ouvrage fait référence indirectement au stalinisme ou au nazisme, période qu’il a vécue lors de l’écriture de l’ouvrage.

Big brother is watching you

Cette fameuse référence à l’oeil de Big Brother provient justement du roman de George Orwell. Dans 1984, chaque habitant est épié en permanence, que ce soit par la « Police de la pensée » ou bien par l’appareil « télécran » disposé dans chaque habitation et qui surveille en permanence les faits et gestes de chaque habitant. Il s’agit en fait d’un monde totalitaire où tout est contrôlé et où la liberté individuelle, même celle de penser, est interdite. Il n’y a qu’une seule vérité possible, celle de l’État, régie par un « ministre de la vérité ».

« Big brother était partout, sur les affiches, les livres, les paquets de cigarettes, à table, ou dans le bain. Vous ne possédez rien, en dehors des quelques centimètres cubes de votre cerveau. »

« Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort ».

La vaporisation des gens

Et la personne qui ose contredire le pouvoir en place, ou simplement avec un comportement légèrement déviant tel qu’avoir des sentiments pour quelqu’un, se trouve vaporisée. C’est-à-dire que son corps et toute trace de son existence sont effacés, comme si cette personne n’avait jamais vécu. On efface même son nom et ses références dans tous les registres possibles.

Les « nonêtres ». Ceux qui ont été effacés, qui n’existaient plus, qui n’ont jamais existé.

Le novlangue

Dans 1984, les gens parlent le « novlangue », ce qui signifie « nouveau langage ». Il s’agit d’une langue qui a pour but final d’empêcher les gens de penser. Et pour y parvenir, l’un des principes est de détruire le vocabulaire au fur et à mesure de chaque année.

« Nous détruisons chaque jour des mots, des vingtaines de mots, des centaines de mots. Nous taillons le langage jusqu’à l’os. »

Par exemple, l’un des protagonistes pose la question: pourquoi existe-t-il des antonymes tels que « bon » et mauvais ». Au lieu de dire « mauvais », il suffit de dire « inbon ». Et pourquoi existe-t-il des adjectifs tels qu « excellent » ou « splendide » pour finalement dire presque la même chose. Il suffit de dire « plusbon ». Et si cela est encore mieux, ce sera « doubleplusbon ».

Un monde déconstruit

Le monde décrit par George Orwell est un monde où le passé est complètement détruit et réécrit par l’État. À nouveau, c’est le « ministre de la vérité » qui décide ce qui est juste ou pas.

« Que le Parti puisse étendre le bras vers le passé et dire d’un événement: cela ne fut jamais. C’était bien plus terrifiant que la simple torture ou la mort »

« Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Et celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »

« Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. »

Le lien avec le Covid?

Bien qu’il s’agit d’un livre de science-fiction, le fameux Big Brother est souvent comparé avec l’État qui nous piste en permanence, comme durant la crise du covid où nous devions justifier tous nos faits et gestes, où les gens pouvaient nous dénoncer si nous étions une personne contact. Je me souviens même avoir eu des coups de téléphone de l’État ou la visite un dimanche matin de cette « police du covid » pour vérifier mes déplacements et le bon respect du confinement.

Durant la crise du covid, sous prétexte de santé publique et de sécurité, on impose le traçage des personnes et des punitions telles que des amendes ou des emprisonnements. Sans parler bien entendu des réseaux sociaux et des smartphones qui surveillent tous nos faits et gestes en permanence.

La cancel culture

1984 fait aussi un rapprochement très fort avec la liberté de penser qui est entravée de nos jours. L’un des phénomènes actuels est celui qu’on appelle « Cancel culture » qui consiste à effacer un individu suite à des propos considérés comme inadmissibles. Southpark, Tintin, Casse Noisette de Tchaïkovski et même J.K. Rowling, l’auteur de Harry Potter, ont été victime de cette Cancel Culture. Les mouvements modernes féministes, antiracistes, lgbt+ et wokes en général sont très enclins à vouloir effacer les gens simplement parce que leurs avis ne leur plaisent pas.

La déconstruction totale

La fiction devient réalité lorsque la culture, notre histoire et même nos attitudes naturelles sont déconstruites de plus en plus. Je pense notamment à nouveau aux mêmes mouvements cités précédemment qui détruisent la notion de famille pour une certaine liberté individuelle ou libération fantasmée, la culture réécrite avec un Achille noir, ou même je cite le président français Emmanuel Macron « il faut déconstruire notre propre histoire », ceci sous couvert d’une bonté anticoloniale qui ne vise finalement qu’un but: la mondialisation et la transformation des individus en pièces remplaçables pour une économie inhumaine et totalitaire.

Mais bon, heureusement, Macron a été réélu pour cinq ans de plus. Ce qui nous permettra de relire encore une ou deux fois ce bon George Orwell qui doit éclater de rire là où il se trouve. D’ailleurs, je vous invite fortement à lire cet ouvrage avant qu’il ne finisse par être interdit lui aussi.

2 comments

  1. Bonjour,
    Sous prétexte de santé publique et de sécurité.?
    C’était clairement un objectif de santé publique et rien d’autre….
    Dommage j’aimais bien te lire mais les complotistes c’est trop pour moi tchuss

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

72  ⁄    =  8