J’aime le Corona – J2 suite – Bob Ross

En fin d’après-midi, je prends le train pour me rendre à Bruxelles. Douglas, un de mes meilleurs amis, y fête son anniversaire. J’arrive à la gare, je vois un panneau disant que mon train est annulé pour cause de travaux et que je dois prendre un bus jusqu’à la prochaine gare.

Le bus est rempli, je suis assis et je regarde les gens. Personne ne tousse. J’ai l’impression que si quelqu’un se racle la gorge, éternue ou tousse, tout le monde va se retourner vers lui et le jeter en dehors du véhicule en roulant. Peu importe si c’est un adolescent ou un vieux. Je préférerai les vieux.

On arrive à la gare de Jurbise. Tout le monde descend, on arrive sur le quai et là on lit sur l’écran d’affichage que le prochain train vers Bruxelles est annulé et qu’il faut une correspondance. J’entends une fille discuter.

“J’ai entendu qu’à cause du Corona, les trains étaient obligés d’avoir au moins une toilette en état de marche et du produit désinfectant.”

Un autre passager répond. “Moi j’ai entendu qu’il y avait des malades dans les conducteurs de train et qu’ils devaient limiter les trajets.”

“Moi j’ai entendu que vous allez arrêter de paniquer comme des quiches et de raconter n’importe quoi.” J’avais envie d’attacher ces empavés sur les rails et avoir une bonne raison d’être en retard.

Dans le train, je regarde par la fenêtre. Je reçois un message de mon frère Rick. On vit en colocation depuis plus d’un an. “Il y a une fille dans ta chambre, c’est normal?”. Mon frère était là pour moi quand je suis revenu de l’étranger. J’avais disparu pendant deux ans et puis j’ai réapparu. Il ne m’a pas posé de questions et il m’a recueilli. Il a senti que j’étais quelqu’un d’autre. À côté de mon siège, il y a un Chinois qui regarde son téléphone.

Le train arrive à Bruxelles. J’ai hâte d’être à ce soir pour fêter l’anniversaire de Douglas. En sortant de la gare, mon téléphone sonne. C’est Douglas. “Il y a un problème pour ce soir, les gens paniquent et n’osent plus se rassembler. Il faut qu’on annule.” À ce moment-là, je déteste les gens qui paniquent. Je déteste les trains. Je déteste les virus. Je déteste les Chinois.

Je me rends chez Samantha. “J’ai tout ce qu’il faut pour te détendre.” Elle me montre la vidéo d’un type qui s’appelle Bob Ross. Un peintre avec une coupe de hippie qui a la voix de Barry White. Une fois que tu l’entends, tu n’as qu’une seule envie, méditer ou faire l’amour. Et je n’avais envie de méditer.

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