La consommation digitale est-elle sans impacte?

Le digital. Il est devenu omniprésent. Il est visible partout et en même temps invisible, impalpable. Mais quels sont les impacts environnementaux, humains et sociaux?

Le zéro déchet, c’est plus que du savon de Marseille

On croit que le zéro déchet se limite à acheter ses tomates en vrac (lire l’article du vrac ici) et à faire son dentifrice maison. Mais à vrai dire, le zéro déchet, c’est bien plus que cela. Effectivement, lorsque j’ai commencé à vivre en zéro déchet, j’ai commencé à faire attention à mon alimentation, à acheter en vrac et à bien me nourrir. Je suis ensuite devenu végétarien durant de nombreuses années.

D’ailleurs, je trouve qu’il nous faut d’abord diminuer notre consommation de viande si on veut sauver la planète. Une deuxième étape serait de se passer de voiture, car la production de viande et le secteur automobile sont dans le top trois des secteurs les plus polluants, en comprenant l’industrie (source Le Figaro)

Le digital, ça impacte le monde réel

Voici quelques chiffres tirés du site ecoconso.be:

  • Si le secteur informatique était un pays, il serait le 3e pays consommateur d’électricité
  • En matière d’émissions en CO2, le secteur IT consomme autant que le secteur aérien, soit 2%. Pour information, le chauffage domestique est dans le top 3 donc n’oublions pas le petit pull en hiver.
  • Tous les serveurs de la planète représentent 1% de la consommation de l’électricité mondiale.
  • En 2018, il y a eu 1555 millions de smartphones vendus, soit 50 à la seconde. Réfléchissons avant de craquer pour l’offre du smartphone à 9euros chez certains opérateurs.
  • En 10 ans, on prévoit de multiplier par 5 le nombre d’appareils numériques connectés (10 en 2012, 25 en 2017, 50 en 2022)
  • En une minute, il y a 3,9 millions de recherches Google et 4,5 millions de vidéos vues sur Youtube
  • Au vu de leur exploitation, les métaux rares disparaîtront en 2072 (source encyclo ecolo)

Les véritables victimes du digital

Nous n’y pensons bien naturellement pas lorsqu’on achète son petit paquet de sushis via Deliveroo, mais le coursier n’a pas une vie trépidante à courir contre la montre toute la soirée pour quelques euros qui seront taxés à 50% parce qu’il est enregistré comme faux indépendant.

Les premières victimes sont donc les travailleurs du digital. On peut citer aussi Uber, les youtubeurs qui gagnent quelques sous grâce à leurs vidéos monétisées ou l’Amazon Mechanical Turk qui est considéré comme l’esclavage moderne. N’oublions pas aussi les personnes qui travaillent dans les mines de terres rares.

Les deuxièmes victimes sont les exclus du numérique, on appelle cela aussi la fracture numérique. Il s’agit des personnes âgées, des illettrés ou des minorités.

Il y a enfin une dernière classe de victime. Il s’agit tout simplement des consommateurs eux-mêmes. On pense aux conséquences sur la santé physique, psychologique ou même au point de vue de l’exploitation des données privées sans consentement. N’oublions pas également l’addiction qui nous transforme comme des zombies, mais c’est un autre débat.

L’anecdote

Cet article a été écrit suite à la conférence du 16 novembre au salon zéro déchet de Bruxelles. Les conférenciers étaient Arnaud Dubuc (Arc ASBL), Jonas Moerman (Ecoconso) et Dirk Wautier (Bruxelles Environnement).

La conférence devait s’appeler au début “Vers la sobriété numérique”. Étant le modérateur de cet événement, on m’a expliqué que les questions du public n’allaient pas se faire via un micro, mais via une application. La raison qu’on m’a donnée était que cette application permet aux gens de voter pour la question de leur choix.

Je suis tombé sur ma chaise quand j’ai appris. Certains pourraient dire effectivement “mais c’est formidable, car c’est plus démocratique”. En vérité, je trouve qu’il s’agit d’une fausse excuse. Tout d’abord, ce n’est pas vraiment démocratique, car cela délaisse les personnes qui n’ont pas de smartphone ou ne veulent simplement pas s’en servir. Et ensuite, il y aura toujours quelqu’un pour trouver utile l’invention la plus inutile du monde.

Après, je vous laisse juger ce qui est utile ou pas.

Les solutions

Vous l’aurez deviné, il ne s’agit pas forcément de supprimer totalement le digital (quoique j’y pense parfois), mais de trouver un équilibre.

Consommer moins et consommer mieux, voilà la solution. Vous pouvez par exemple à gérer vos emails, à avoir un cleandesk, à se décrocher de son téléphone ou simplement à vivre dans le monde réel.

Sur ce, je m’en vais rejoindre le monde réel. Et je vous invite à en faire pareil ^^

2 comments

  1. Bien dit’! & n’oublions pas qu’Internet c’est des kilomètres de câbles, généralement sous-terre… Des « entrepôts » où s’entassent des serveurs à perte de vue… l’Internet est physique.

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