Le lien entre le minimalisme et le lean

Voici un bref résumé des liens entre le minimalisme et le principe du lean ainsi que des exemples appliqués au quotidien.

J’avais déjà écrit plusieurs articles sur le lean, cette méthode de travail utilisée initialement dans les chaînes de montage de Toyota. Une véritable philosophie développée au Japon et maintenant répandue dans toutes les plus grandes entreprises dans le monde, même la vôtre j’en suis certain. L’un des enfants du lean et le principe de l’agilité (lire l’article sur ce sujet).

Voici ici les grandes lignes du lean et leurs liens avec le minimalisme.

Kaizen

Kaizen en japonais signifie “changer pour le meilleur”. Il s’agit de l’amélioration continue. Que ce soit en entreprise ou dans son quotidien, la manière avec laquelle on cuisine, son bureau, son loisir préféré, il y a toujours de la place pour l’amélioration. Dans Kaizen, le changement doit se faire de manière incrémentale (un changement doit se rajouter aux autres) et doit présenter un petit progrès (qui en se cumulant produit un gros résultat).

Voici quelques exemples d’application: faire du sport en ajoutant un peu de poids à chaque séance ou juste une répétition en plus, arrêter de fumer progressivement en retirant une cigarette à la fois par jour ou par semaine, se lever plus tôt en changeant son réveil une minute à la fois par semaine.

Le changement doit être facile et progressif.

Dans Kaizen, on dit que le changement doit se faire par tous, tous les jours et partout. Et que 80% des améliorations doivent venir du terrain en première ligne, c’est à dire par exemple par les collaborateurs qui sont sur le terrain, car c’est eux qui connaissent le job. Même s’ils le ne font pas forcément et sont englués par leurs habitudes, vous me direz, surtout en occident. Voilà pourquoi par exemple ils ont besoin de lean coach.

La méthodologie 5S

Cette méthodologie en cinq étapes est la plus connue dans le lean. Elle a même d’ailleurs inspiré la gourou du zéro déchet Béa Johnson lorsqu’elle parle de sa technique des 5R: Refuser, réduire, réutiliser, recycler, composter. Vous pouvez consulter les articles du zéro déchet ici.

Sort (trier)

La première étape est de trier ce dont vous n’avez pas besoin. Il s’agit sûrement de l’étape la plus importante. Il est possible ici de se poser plusieurs questions telles que: quel est la fonction de cet objet, quand est la dernière fois où je l’ai utilisé, est-ce réellement nécessaire de l’avoir à cet endroit?

Set in order (ranger)

Chaque objet à sa place et une place pour chaque objet. C’est un grand principe du lean dans les entreprises et ceci est facilement applicable pour les objets de sa maison. Le but est que ce soit plus facile et plus rapide à retrouver, mais aussi de manière plus sûre. Les risques de perte sont diminués, mais également de se blesser, par exemple avoir des objets coupants dans un tiroir qui ne doit normalement pas en posséder. Pour y parvenir, il est possible d’ajouter des signes, des bandes adhésives de séparation ou des boîtes.

Shine (faire briller)

Il s’agit ici de nettoyer. Attention, nettoyer n’est pas seulement un acte pour les maniaques de la poussière. Le but est d’inspecter ce qui se passe et de trouver l’origine du désordre ou du problème qu’on aimerait résoudre. Par exemple, pour les adeptes du zéro déchet, il s’agira ici d’inspecter sa poubelle pour vérifier quels types de déchets sont présents et ainsi prendre des mesures pour que ces déchets de réapparaissent plus, en achetant en vrac, en recyclant ou en compostant.

Pour y parvenir, il est possible d’utiliser les questions: qui, quoi, quand, comment? Qui est à l’origine, qu’est-ce que c’est exactement, quand est-ce arrivé là et pour quelle raison?

Rappelez-vous qu’un environnement désordonné est un environnement moins productif.

Standardize

Il est impossible de faire des progrès si on ne mesure pas ce qu’on fait. Ou sinon, c’est en faisant n’importe quoi qu’on atteint n’importe quoi comme résultat. Quelques exemples d’application: mesurer dans le sport la durée, le nombre de répétitions et la charge utilisée. Pour arrêter de fumer, mesurer précisément le nombre de cigarettes par jour. Pour son alimentation, mesurer ce qu’on mange et en quelle quantité. Ce dernier exemple m’a permis de me rendre compte que j’étais sous protéiné et j’ai alors ainsi pu reprendre du poids. L’idée n’est pas de devenir un maniaque de la mesure. Je ne pèse plus mes aliments désormais, mais je trouve important de le faire pour mieux se rendre compte de la situation.

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’en cuisine, tout est précis. Et c’est seulement avec l’expérience que vous pouvez commencer à mesurer “à la louche”. Mais au début, il faut passer par la balance.

Quelques techniques sont le visual management ou le “go and see”, le fait d’aller voir soi-même et physiquement ce qui se passe exactement sur le terrain. Le visual management, c’est par exemple le fait de voir ce qui vous reste de nourriture en permanence grâce à des bocaux transparents sur votre étagère. C’est ouvrir l’armoire et tout voir en une fois ce que vous avez de disponible sans que cela soit caché ou mis à un autre endroit (nourriture, vêtements, etc.). L’idée est de ne rien cacher et mettre tout de manière visible pour gagner du temps, de l’argent (on sait ce qu’on a et ce qu’il nous manque) et cela évite de cacher le problème (si on a beaucoup de travail à faire comme des documents à traiter, on sait que c’est là et rien ne sert de les cacher autre part).

D’autres techniques existent aussi tel que l’obeya, le kanban, le pull system, le 5why, le JIT ou le takt time.

Sustain (rendre durable)

Faites de ces cinq principes un mode de vie et répétez-les régulièrement et aussi souvent que possible. Cela demande de la discipline et une participation quotidienne, mais l’idée est de faire des petits changements faciles plutôt que des gros efforts difficiles. Et surtout, prenez plaisir dans ce que vous faites!

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