Le minimalisme, ce n’est pas pour les hippies

Trop de gens confondent le minimalisme avec un pseudo style de vie bobo qui prône l’amour et la liberté en fumant des pétards. C’est vrai pour les pétards, mais pour le reste, c’est autre chose.

Les prémices

Lorsque j’ai créé ce blog en 2016, j’étais en pleine mouvance zéro déchet. Cela m’a finalement permis de donner un nouveau challenge dans une vie qui m’ennuyait. Et puis, de fil en aiguille, j’ai découvert le minimalisme. Je ne savais pas ce que c’était. Je pensais qu’il s’agissait d’un tout nouveau mouvement à la mode, où on pouvait vivre dans un appartement bien rangé et avec un équipement épuré et digne des plus grands designers. Les premiers blogueurs et youtubeurs ont fait leur apparition. On y parle de méthodes de rangement, de recettes de cuisine, de bien-être, de maquillage, bref, chacun a commencé à y mettre sa propre vision.

Je me suis ensuite rendu compte que finalement, le minimalisme, ce n’était pas du tout nouveau. On parlait même du zéro déchet pendant les années 1970 (lisez l’article Small is Beautiful). Et le minimalisme, quant à lui, avait aussi des origines à la même époque en art, mais aussi en entreprise sous le nom de lean (voir l’article du lien entre minimalisme et lean).

Ensuite, plus j’avançais dans ce mode de vie, plus je me rendais compte qu’en fait, le minimalisme est en réalité une philosophie qui existe depuis bien plus loin encore. Épicure et la Grèce Antique partageaient même ce mode de vie. Une vie centrée sur l’essentiel, où l’on apprend à se connaître, le fameux “connais-toi toi-même”, on se connaît soi et ses limites.

La qualité avant la quantité

C’est sûrement le premier principe que j’ai acquis par le minimalisme. Mais privilégier la qualité, ce n’est pas uniquement par rapport à la quantité. Accepter la qualité, c’est aussi la préférer par rapport à la non-qualité. Et pour cela, il faut admettre que la non-qualité existe. Pour admettre que la beauté existe, il faut aussi admettre que son opposé soit aussi présent. Pour pouvoir apprécier le bonheur, il faut admettre que le malheur existe. Et je dirais même qu’il faut y avoir goûté pour la reconnaître et la savourer. Je vous recommande d’ailleurs l’article court, mais efficace que j’ai écrit à propos du relativisme.

La liberté par la limite

Il faut l’avouer, le minimalisme a le vent en poupe en ce moment. Mais beaucoup pensent que cette philosophie se concentre sur la liberté et le bonheur individuel. D’ailleurs, même le message de certains gourous peut être compris dans ce sens, je pense notamment à Marie Kondo qui se concentre sur la joie que provoque l’objet sur l’individu. J’étais moi-même tombé amoureux de sa méthode dont j’ai écrit son résumé ici. Je pense également à d’autres messages du développement personnel qui influencent les esprits et qui vante le « tout est possible » « tu peux devenir qui tu veux, il suffit de le vouloir et de travailler pour ». Ce qui est en fait trompeur et dirais-je même dangereux de croire cela. Elizabeth Gilbert a d’ailleurs écrit un livre qui en parle.

Le minimalisme, ce n’est pas la recherche de la liberté et le bonheur dans l’individualité. D’ailleurs, l’épicurisme l’avait très bien compris. Le bonheur réside dans l’amitié et la communauté. Et lorsque je parle de communauté, je parle de clan, de tribu, de famille et d’amis proches, des personnes qui partagent des idées fortes, qui se connaissent, qui peuvent réellement compter les uns sur les autres. Il s’agit de personnes qui nous connaissent vraiment bien et avec qui nous nous développons. C’est là où réside réellement le bonheur.

La spiritualité

Je trouve que le minimalisme serait incomplet sans la spiritualité. C’est même un point qui manque totalement chez nous. Et c’est aussi pourquoi certaines autres civilisations commencent à devenir plus puissantes que nous, voire à remplacer notre civilisation européenne. Partager une spiritualité permet de renforcer les membres d’une tribu.

Et lorsque je parle de spiritualité, je parle tout aussi bien de religion que de philosophie. Et je trouve qu’avant d’aller voir certains modes de pensées qui se trouvent ailleurs, je dirais d’abord de voir ce qu’il y a chez nous. Avant de rejeter nos influences chrétiennes, grecques ou latines, je commencerais par les comprendre. C’est d’ailleurs ce que je fais de manière plus assidue depuis quelques mois. Je suis plongé en ce moment en pleine redécouverte de mes ancêtres les Anciens Grecs. Des milliers d’années nous ont précédés et ont fait ce que nous sommes aujourd’hui. Grâce à cela, j’en apprends chaque jour un peu plus sur moi-même et sur mon environnement, le fonctionnement politique ou l’économie qui me permet de travailler.

Pour les vrais hippies, mais pas les bobos

Finalement, en écrivant cet article, je me demande s’il n’y avait pas du bon dans cette communauté de l’après-guerre. Après tout, ils rejetaient la surconsommation, ils préféraient la communauté et le retour à la nature. Mis à part le fait de ne pas accepter la confrontation et l’autorité, je dirais que le minimalisme aurait pu leur convenir. En fait, les hippies modernes sont plutôt les bobos des grandes villes qui se disent pour l’amour et le retour à la nature, mais qui en fait ne prônent que le bonheur individuel et le plaisir avant tout. Beaucoup d’entre eux adoptent le minimalisme, car finalement ils n’ont pas d’autres problèmes et peuvent donc se le permettre. Je ne juge pas, il s’agit d’une constatation et j’en fais aussi partie.

Les véritables hippies, du moins l’image que j’en ai, se débarrasseraient de leur confort pour aller retrouver les campagnes et les provinces. Ils vivraient en communauté proche physiquement et n’iraient sûrement pas faire leurs courses dans des magasins bios, mais ils auraient un véritable potager. Peut-être est-ce cela le bonheur finalement. Avec un ou deux plants de marijuana, certes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *