L’extraordinaire histoire du Moelleux au chocolat – Partie 1/3

C’est l’histoire du Moelleux au chocolat qui connaît déjà sa destinée: être mangé le jour de mon anniversaire. Il passe ses derniers moments de sa vie à mes côtés. Du drame, de la romance, des faits réels, de la science-fiction, de l’érotisme. Tout va y passer.

Il est 18h29, je me trouve dans le train pour Anvers.

“C’est blindé aujourd’hui! Je commence à suer des gouttes de chocolat!

“Je suis content d’être avec toi, Moelleux.”

“Moi aussi, tu sais. Il me reste deux jours à vivre, mais ce sera les meilleurs de toute mon existence”.

Je suis heureux et je suis triste à la fois. Je n’aurais jamais cru ressentir ça pour un Moelleux. Mais celui-là est spécial. C’est celui de mon anniversaire. Et c’est un cadeau.

“On va savourer chaque seconde, mon petit Moelleux”

“C’est certain. Mais ne m’appelle plus petit s’il te plait.”

Et il a du caractère en plus. Je crois que je suis amoureux.

Le Moelleux, assis dans le train. Il regarde les jambes passer.

 

Nous arrivons à l’auberge. La chambre est vide, je déballe mes affaires et je fais le lit.

“On est seuls. Juste nous. Montre-moi comment tu m’aimes.” Me fait-il.

“Mais tu sais bien. C’est trop tôt. Après cela, on ne se reverra plus. Le destin est tragique. Si on accepte de se donner l’un à l’autre, il y aura un drame. Oui on ne fera qu’un mais ce ne sera plus comme maintenant. Ici, je peux te voir, te toucher, te parler.”

“Mais tu parles trop”, me fait-il.

“C’est ma manière de me connecter à toi”

“Tu es trop philosophe, aller viens on va faire un tour dehors. J’étais chaud et là tu m’as refroidi.”

Parfois, on ne se comprend pas. On est différent.

 

Notre arrivée dans la chambre. Moelleux est tout chaud tout flamme.

 

On arrive au port d’Anvers. C’est le coucher du soleil.

“Je suis content de partager ce moment avec toi” lui dis-je.

“Au lieu de parler, regarde les mouettes et savoure l’instant.”

Et je regarde les mouettes. Elles passent devant nous à l’affût de nourriture. Certains ne comprennent pas la relation que j’ai avec Moelleux. Certains pourraient me dire “Tu n’as pas peur qu’il se fasse manger par quelqu’un d’autre?” Je réponds alors que non.

“Je suis à toi, me dit-il. Et je me donnerai à toi entièrement le moment voulu. Et à personne d’autre.”

C’est tellement beau. J’ai une larme qui coule après cette déclaration.

“Tu pleures?” Me fait-il. T’es vraiment une mauviette mon pote”.

Il est parfois dur avec moi, mais je l’accepte tel qu’il est. Parce que c’est ça qui le différencie des autres.

 

Je tiens Moelleux dans ma main au port d’Anvers. Il a un peu froid.

 

On repart à l’auberge. On se repose dans le salon. Il fait calme. On voit une guitare.

“Apporte-moi la guitare, je vais te chanter quelques chansons de mon pays.”

Et il me chante presque tout l’album d’un artiste nommé Jacques Dufour. Ses plus gros succès y passent tels que Hmmm, Miam Miam, C’est trop bon, Chocolat Chaud, Une Praline Nommée Désir.

Il joue avec tant de fureur qu’il laisse tomber quelques miettes sur les cordes.

“Je suis complètement épuisé. Aller, viens, on va dormir”

Et on va dormir ensemble. Notre première nuit.

 

Moelleux qui joue de la guitare comme Jimmy Hendrickx