L’Iliade et l’Odyssée – L’analyse d’un chef d’œuvre

Découvrez l’analyse des deux plus grandes œuvres de la littérature européennes.

Ces notes sont tirées du magazine Les trésors de la culture Hors série sur « L’Iliade et l’Odyssée – Le mythe, des hommes et des dieux ».

Avant propos

Comme vous le savez, depuis plusieurs mois maintenant, j’ai décidé de me plonger dans la culture grecque. Non seulement parce qu’il s’agit des racines de notre civilisation européenne, mais aussi parce que je suis moi-même d’origine grecque. Au fil des lectures et des découvertes, je me rends compte à quel point la Grèce antique était en avance sur son temps. Et aussi pourquoi notre monde contemporain est en train de partir en décadence.

L’une des plus belles œuvres de cet Ancien Monde est naturellement le récit d’Homère. Qui ne connaît pas Achille et son célèbre talon ou bien encore le cheval de Troie. Qui n’a jamais entendu parler des aventures d’Ulysse contre le cyclope ou les sirènes. Ces œuvres ont traversé le temps, presque trois millénaires entiers pour nous arriver encore intact aujourd’hui. N’est-ce pas la preuve que cet héritage a été et reste un exemple de beauté et de modèle à suivre pour les hommes.

Qui est Homère

Définissons d’abord ce qu’est la mythologie. Mythos, en grec, désigne un «discours», un récit de fiction, une légende. Homère, dans ses récits, renvoie ainsi une image des dieux, loin des hommes, mais en même temps proches dans leurs réactions.

Homère est un aède (un poète) qui aurait vécu à la fin du VIIIe siècle avant notre ère. On lui attribue les deux plus anciens textes connus de la Grèce antique, l’Iliade et l’Odyssée, importants dans notre culture occidentale, car ils ont réussi à passer l’épreuve du temps.

L’Iliade raconte la dernière année du siège de Troie, qui aurait duré dix ans, mais surtout, c’est l’histoire de la colère d’Achille.
L’Odyssée, c’est l’histoire d’Ulysse qui, après avoir combattu victorieusement contre Troie, va endurer un voyage durant dix ans pour pouvoir retourner dans son foyer.

Homère signifie « l’aveugle ». Il semble difficile de déterminer avec précision si Homère a été un individu historique ou une identité construite, notamment à partir d’une école des poètes. Homêros en grec est celui qui est obligé de suivre.

L’Iliade et l’Odyssée sont deux poèmes à succès qui furent largement diffusés dans toute la Grèce Antique. Ils ont joué un rôle clé dans l’éducation des jeunes nobles. Les enfants grecs apprenaient d’ailleurs à lire avec ces deux poèmes. Homère est devenu aujourd’hui un des symboles incontournables de l’Antiquité grecque.

La poésie (en grec poêsis) désigne l’action d’entreprendre. Un aède est un artiste qui chante des épopées en s’accompagnant d’un instrument de musique
Un barde, quant à lui, est le nom des anciens poètes celtes qui, spécialisés dans l’administration, l’éducation, les lois, arts et lettres, avaient affaire avec tout ce qui touche à la mémoire, à la culture, à la justice, à la science et à la poésie.
Un rhapsode, dans la Grèce Antique, est un artiste qui allait de ville en ville, récitant ou déclamant les œuvres écrites par un autre, principalement des épopées.

Les neuf muses en mythologies sont celles qui inspirent la création artistique. Le grec « mousa » désigne la parole rythmée, chantée. On retrouve la même racine dans « mousiké », la musique.

Le topos en grec, désigne un ensemble de thèmes, situations, circonstances dans lequel l’orateur puisait ses inspirations, d’où l’expression « faire un topo ».

Troie est une ville d’Asie, dont le nom grec, Ilion, a donné le titre de l’Iliade. Odysseus est en fait le nom grec d’Ulysse.

L’Iliade

Rappelons d’abord que l’histoire de l’Iliade ne reste qu’un mythe. La guerre de Troie n’a d’ailleurs pas eu lieu, du moins pas au sens où l’Histoire peut l’entendre.

La société achéenne était celle qui a assiégé Troie. La société était hiérarchisée avec le wanax (le roi), l’eqeta (la noblesse), des grands fonctionnaires, le lawagetas (chef de guerre), le demos (le peuple), les paysans et les esclaves.

Thétis, la mère d’Achille, trempa son enfant dans le Styx pour le rendre invulnérable: mais comme elle le tint par le talon, seul cet endroit resta vulnérable.

L’hybris, ou ubris, signifie en grec la démesure. Ici, elle prenait la forme d’une furie guerrière. On parle de la colère d’Achille lorsqu’il se querelle avec Agamemnon ou lors du meurtre de son ami Patrocle par le Troyen Hector. La réponse à l’ubris est la némésis, la destruction sans rédemption.

La métis est une notion grecque qui caractérise une forme d’intelligence rusée. On parlera plus tard de la métis d’Ulysse lui a permis de réagir à des situations imprévues.

La ménis est une colère divine. La colère a toujours été dangereuse pour les Grecs, car elle empêche l’esprit de fonctionner.

Achille porte des valeurs héroïques et ne vit que pour la reconnaissance par les autres de sa supériorité en tant que combattant.

Les Grecs croient au destin et à la tragédie, ils appellent cela la fatalité tragique. La mort fait partie de la vie et elle est acceptée.

L’aristie désigne le passage textuel d’un héros qui dévoile toute sa supériorité personnelle. Dans l’Iliade , il s’agit de moments où les héros comme Achille ou Hector sont dans une fougue surhumaine, un état de violence qui défie les dieux, ils sont dans l’hubris, de démesure.

Achille en deuil. Il s’agit d’un moment fort de l’Iliade, lorsque son ami Patrocle se fait tuer par Hector. Achille est jeune, il est beau, il est seul, mais triste est son âme. Selon Aristote, les ressorts tragiques sont la crainte des dieux (Phobos) et la pitié (éléos) pour les victimes.

La colère d’Achille. L’Iliade n’est pas le récit linéaire de la guerre de Troie, mais un savant enchâssement des colères d’Achille. La vengeance par immolation de douze guerriers troyens appelle celle des dieux qui se manifestent à leur tour.

Achille se bat contre le Xanthe, le fleuve, représenté comme un vieillard, plein de sagesse, capable comme un père de punir, mais aussi d’aimer. Il est la vie et il est la mort.

L’Odyssée

L’agora.

À l’époque de la Grèce Antique, l’agora était un espace important de la vie publique. Elle était un haut lieu politique, un centre de décision, mais aussi une place marchande où se réunissaient les commerçants et parfois un lieu de culte où se trouvaient des temples. Elle était ainsi le coeur vibrant de la vie urbaine grecque.

L’hospitalité grecque

Dans la culture grecque antique, tout hôte doit aider l’étranger à regagner sa patrie. Il s’agissait d’un devoir religieux. Les étrangers viennent de Zeus, le Dieu de l’hospitalité.

Les Lotophages

Ulysse fait escale chez les Lotophages, les mangeurs de lotus. Il s’agit du point du récit où le héros passe d’un monde réel et connu à un « autre monde » irréel et poétique sans réalité ethnographique ou géographique.

Les femmes

Tout au long de l’histoire de l’Odyssée, les femmes permettent aux hommes d’éprouver leur virilité sur laquelle elles font toutefois peser une menace. Parfois très humaines dans leurs réactions, les femmes sont divines dans la mesure où elles échappent au temps. Cette confrontation avec les femmes amène Ulysse à retrouver le sens de la vie humaine, qui passe par l’épreuve du temps. Lorsque Calypso lui offre l’éternité, Ulysse refuse et fait le choix de Pénélope, c’est à dire du temps, du vieillissement, et de la question du sens de l’existence.

Les cyclopes

Les cyclopes sont des géants anthropophages n’ayant qu’un seul œil. Ulysse se rend dans leur pays par désir de savoir et de connaissance. Il se demande si les géants sont des violents et des sauvages ou des hommes hospitaliers, craignant les dieux. Pour les Grecs, la civilisation passe nécessairement par l’établissement d’une structure politique et sociale, ainsi que par les lois. C’est en cela qu’ils se différenciaient des animaux et des peuples primitifs.

Les Enfers

Ulysse par les Enfers et y croise même le grand Achille qui lui affirme: J’aimerais mieux être sur terre le domestique d’un paysan, fût-il sans patrimoine et presque sans ressources que de régner parmi ces ombres consumées.

Télémaque retrouve son père

Lorsque Ulysse dévoile être le père de Télémaque, celui-ci, habitué aux tromperies des dieux, remet sa parole en doute. Ulysse s’insurge et s’exclame: il est Ulysse, et son fils doit l’accepter, il n’aura pas d’autre père que lui! C’est par cette manifestation d’autorité paternelle qu’Ulysse se fait reconnaître de son fils, et l’accepte pour son fils.

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