L’Odyssée d’Homère

Je viens d’en terminer la lecture et j’en ai encore des frissons. Voici mes commentaires sur cette épopée.

Après l’Iliade, l’Odyssée d’Homère est le deuxième chef-d’œuvre de la littérature européenne. Je vous avais déjà écrit un article qui analysait ces deux histoires: L’Iliade et l’Odyssée – L’analyse d’un chef-d’œuvre ainsi qu’une sélection de moments lus dans l’Iliade.

Pour prendre le plus de plaisir, je n’ai cette fois pris aucune note durant la lecture. Et malgré ce que je pouvais en penser avant de commencer, la lecture fut très facile, fluide et belle. Je craignais que le texte soit un tant soit peu difficile, mais en fait, pas du tout. Ce fut un véritable plaisir, tout comme fut l’Iliade.

Je ne vous rappellerai pas en détail l’histoire, car je suis certain que vous en avez déjà entendu parler mille fois (si ce n’est pas le cas, où avez-vous vécu les deux derniers millénaires?). En gros, l’Odyssée est la suite de l’Iliade. Elle raconte le voyage d’Ulysse qui rentre à son pays après vingt ans d’absence.

L’hybris

L’Odyssée, ce n’est pas juste l’histoire d’un homme qui revient chez lui. C’est tout d’abord un texte avec de nombreuses références philosophiques dont la plus grande est celle du péché d’hybris. Le péché d’hybris est le péché de la démesure et Ulysse commet cette erreur lorsqu’il crève l’œil du cyclope, fils de Poséidon, et qu’il dévoie son identité en partant.

Comme explique Luc Ferry dans son cours sur la mythologie, le péché d’hybris d’a strictement rien à voir avec les péchés du christianisme. Il est en rapport avec l’ordre cosmique perçu par les Grecs de l’Antiquité. D’où aussi ces deux phrases très connues sur le temple d’Apollon: « connais-toi toi-même » et « rien de trop ».

Pour rappel, le véritable sens du « connais-toi toi-même » est tout à fait différent du sens qu’on lui donne à propos de l’introspection comme connaître son caractère, ses qualités et ses défauts. Cela n’a rien à voir, il s’agit plutôt de connaître sa place dans l’univers et de la garder, de ne pas vouloir se prendre pour ce que l’on n’est pas et ainsi ne pas déstabiliser l’équilibre du cosmos.

Les épithètes homériques

Au-delà de l’histoire magnifique, l’un des points que j’ai particulièrement aimés dans le texte était l’utilisation des épithètes homériques. Je rêve d’un monde où l’on utilise cette formule pour se prénommer. En voici quelques-uns qui m’ont particulièrement plu:

  • Aurore aux doigts roses
  • Aurore aux belles boucles
  • Aurore, fille du matin
  • Ulysse aux milles ruses
  • Ulysse, saccageur de villes
  • Athéna aux yeux bleus
  • Athéna, la déesse au clair regard
  • Athéna, fille de Zeus
  • Zeus, fils de Cronos
  • Zeus, le roi des dieux
  • Zeus, protecteur des hôtes
  • Poséidon aux cheveux bleus

Un extrait pour le plaisir

Je vous mets tout de même l’un de mes passages favoris. Il s’agit du moment où Ulysse dévoile son identité et se venge des prétendants.

Les regardant en dessous, Ulysse l’avisé leur dit:

« Ah! chiens, vous pensiez que de la terre troyenne je ne reviendrais plus chez moi et alors vous pilliez ma maison; vous couchiez de force avec mes servantes et, moi vivant, vous recherchiez ma femme, sans craindre les dieux qui habitent le vaste ciel, ni la vengeance qu’un jour les hommes pouvaient tirer de vous! et maintenant sur vous tous le trépas est suspendu! »

Conclusion

Je vous recommande de lire l’Iliade et l’Odyssée si ce n’est déjà fait. Personnellement, je me demande comment j’ai pu passer autant d’années avant d’avoir plongé dans ces deux histoires millénaires, qui sont pourtant encore très proches du monde d’aujourd’hui et des excès qui l’emportent.

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