Nietzsche vs Dieu

Friedrich Nietzsche était reconnu comme un philosophe méprisant le christianisme. Il a d’ailleurs écrit un livre sur ce sujet, « L’antéchrist ». Mais est-ce vraiment le christianisme le problème?

Ces notes sont tirées de la conférence « Dieu ou Nietzsche » de Julien Rochedy, dont je vous recommande de visionner.

Pour Nietzsche, la vie est une guerre. Et suite à cela, il faut donc glorifier les guerriers de l’existence, les nobles et l’aristocratie. Car ils ont de la fierté, de la joie, de l’orgueil, une grande santé, ils aiment le sexe, la guerre, le conflit, les distinctions, la discipline, les bonnes manières.

La hiérarchie pour les aristocrates et ces guerriers est bonne, car elle distincte, elle développe le sens du devoir, l’admiration de la beauté. La beauté physique est d’ailleurs un argument en soi, il s’agit d’une preuve d’amour de la vie réelle. Ils aiment la vie concrète, car eux, ils y réussissent.

L’antiquité mettait en avant ce type d’homme avant tout.

Le christianisme est apparu et a renversé ces valeurs. Pour Nietzsche, le plus coupable est Saint Paul qui est obsédé par le péché et non le Christ. Il a lui-même une vie médiocre, il est laid et malade. Selon le philosophe, il utilise le christianisme pour se venger. Les malades et les faibles trouvent enfin une voie pour se venger.

Dieu n’aime désormais plus les nobles et les forts, mais les laids et les faibles. Les statues de beaux corps sont désormais cachées. Les Romains fiers sont maintenant à genoux devant Dieu. Le chrétien ne juge plus en tenant l’épée fortement, mais en jugeant l’épée moralement. La morale devient l’arme des faibles.

D’ailleurs, posons-nous cette question: qui déclare que porter une arme et se battre, ce n’est pas bien? Est-ce vraiment les forts? Eux qui excellent dans le maniement des armes et de la bataille, vont-ils réellement critiquer ce qu’ils maîtrisent de mieux et qui leur permettent d’obtenir ce qu’ils veulent? Non forcément, seuls les faibles peuvent déclarer qu’il ne faut pas faire la guerre, car ils ne peuvent que la perdre.

Saint-Paul aurait donc détourné les propos de Jésus pour glorifier les valeurs des faibles et des victimes plutôt que la force, le courage et la beauté.

Dans un autre de ses livres, Nietzsche développe le concept de « L’amor fati », cette locution latine qui signifie « l’amour du destin». Pour Nietzsche, la vie est dédiée pour les aristocrates, car elle est dure. La vie n’a pas véritablement de sens, tout est ici tel quel dans ce monde, rien ne sert selon Nietzsche de s’imaginer qu’il existe autre chose que ce monde.

D’après le philosophe, la religion permet en fait de soulager les hommes et les plus faibles. Ils peuvent ainsi croire qu’ils auront une plus belle vie après la mort. Le christianisme, comme elle a été utilisée et dont la morale sans le dogme est encore utilisée inconsciemment, fait croire aux faibles que la vie est cruelle à cause des gens, de la société et des méchants dont il faut se débarrasser. Cette morale est encore utilisée encore par les idéologies politiques, notamment par la gauche progressiste qui victimise les minorités et enfonce les faibles encore plus qu’ils ne le sont déjà.

Alors, est-ce réellement le christianisme le problème?

Non. D’ailleurs, ce que reproche surtout Nietzsche, c’est la disparition de Dieu avec son célèbre « Dieu est mort » dans son livre “Le Gai Savoir”. La religion avait comme avantage de rappeler aux hommes qu’il y avait quelque chose de transcendant à eux. De nos jours et sans l’existence de Dieu, les hommes se croient supérieurs à tout. La religion permettait également d’avoir un cadre et de « relier les gens entre eux » comme ce que signifie étymologiquement le mot religion.

Et n’est-ce pas justement ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui, dans un monde qui prône l’individualisme? Le besoin de se relier les uns aux autres.

2 comments

  1. Les non lecteurs de Nietzsche prennent trop souvent son “Dieu est mort” pour un “Mort à Dieu”. Il ne s’agit pas pour Nietzsche d’appeler au déicide ni de se repaître d’athéisme, mais au contraire d’alerter sur le fait que la possibilité de Dieu a été tuée par le moderne et qu’il s’agit de lui inventer un substitut pour ne pas tomber dans la bestialité.
    Toutefois, Nietzsche ne propose qu’une religion individuelle et on ne trouvera chez lui aucun projet pour la société ou pour “relier les gens”.

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    1. En effet, nombreux sont ceux qui croient que Nietzsche voulait la mort de Dieu, bien au contraire. La religion avait au moins ce bénéfice d’avoir une vision commune pour le peuple et de garder à l’esprit qu’il y avait quelque chose de plus grand que l’homme.

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