Quand devenons-nous minimalistes?

À partir de quel moment peut-on prétendre être minimaliste? À partir de quand le Padawan devient maître Jedi?

C’est une question qui revient souvent. Qui peut se dire minimaliste et quand?

La fête de Pareto

De manière totalement rationnelle, je vais partir de la loi de Pareto. La loi des 80/20. Un non-minimaliste a tendance à utiliser une toute petite partie de ces objets la plupart du temps. Exemple avec la garde-robe: un non minimaliste possède beaucoup de vêtements, mais en fin de compte, il n’en porte qu’une petite partie en général.

“Je suis minimaliste et j’ai 50.000 objets”

Pour un minimaliste, c’est l’inverse. La gestion de ses objets est beaucoup plus efficace. La plupart du temps, il utilise la plupart de ses objets. Il n’a pas d’objets dormants. Pas d’objets gardés peu utilisés ou gardés uniquement pour les grandes occasions. Chaque jour est considéré comme une grande occasion. Ce qui explique aussi le fait que le nombre d’objets soit naturellement petit. Lisez l’article chaque jour est une fête.

Pour le nombre d’objets, il n’y a pas de limite instaurée. Toutefois, dire simplement que la limite dépend de chacun et qu’il faut simplement s’entourer de qualité et du meilleur est encore trop vaste. Alors, parce qu’on me l’a demandé, je trouve qu’un nombre de 300 objets par personne est un bon début pour se dire minimaliste. Oui, car il faut bien mettre un nombre à un moment. Et une personne n’est sûrement pas capable de gérer un nombre illimité d’objets. Car un minimaliste sait exactement ce qu’il possède.

Un mendiant n’est pas un minimaliste

Ensuite, il y a la partie mentale. Il ne suffit pas de s’arrêter à un nombre limité d’objets. Ce mode de vie est adopté de manière volontaire. Il s’agit d’un réel choix et non pas d’une obligation. Voilà pourquoi certains font le rapprochement avec la simplicité volontaire. Peut-on considérer un sans-abri comme minimaliste? Certainement pas. Bien que certains puissent le penser, la plupart des sans-abris n’ont pas forcément fait ce choix de manière consciente. Leur condition fait suite à des événements souvent difficiles. Ils vivent pour la plupart dans le manque. Le manque matériel, le manque de contacts sociaux et d’estime de soi sont quelques exemples. Attention à ne pas confondre avec les vagabonds qui peuvent avoir choisi ce mode de vie.

Pour un minimaliste, c’est l’opposé. Il vit dans l’abondance. L’abondance matérielle, car il est entouré de beaux objets, confortables et de qualité. Et il possède matériellement tout ce dont il a réellement besoin. Mais il y a aussi l’abondance mentale avec cette sensation de liberté, de confiance en soi, de vie sociale positive. Le sens de la vie prend une tournure totalement différente.

La liberté est sûrement le concept qui revient le plus souvent chez les minimalistes. Liberté d’être qui on veut, avec qui on veut et où on veut. La peur disparaît et la confiance prend sa place. Que ce soit donc pour un travail, une relation, une activité ou un lieu, un minimaliste se sent totalement libre de changer quand il le veut. Cela peut bien entendu paraître parfois dangereux pour l’autre partie qui peut ne pas comprendre. Mais la passion et l’instinct restent toujours là. Un minimaliste peut donc aussi être quelqu’un de stable et fortifier ce qu’il possède. Le lâcher-prise est une compétence, pas une compétition.

En bref

Une personne est donc reconnue comme minimaliste lorsqu’elle possède cette compétence de pouvoir lâcher prise et se sentir libre. Elle doit pouvoir être maître de son quotidien, tant immatériel que matériel. Savoir ce qu’elle possède à tout moment, ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Et se contenter du meilleur uniquement sinon rien. Voilà ce que c’est d’être minimaliste.

8 comments

  1. Ouais, plutôt pas mal expliqué tout ça!
    Je mettrais juste un bémol sur la question de l’abondance matérielle -disons que j’aurais choisi un autre terme ou une autre expression comme “l’utile et le nécessaire”…#jaimechipotersurlesmots :-p
    mais bon c’est ptêtre parce que je me sens plus simplicitaire que minimaliste? les frontières sont tellement ténues!
    Chouette article en tout cas.

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    1. Merci Kae! L’utile et le nécessaire sont en effet différents importants. Je trouve que cela rejoint très bien l’idée de ce que chacun a réellement besoin ou pas pour être content.

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  2. Minimaliste, Simplicitiste, Essentialiste…même désir même goût.
    Une pensée les résume, celle de se lever et de profiter pleinement de sa journée.
    Un jour, puis deux vient trois…30 000 pour les mieux lotis

    Être arrivé à comprendre “SON pourquoi” .
    Avoir réussi à se débarrasser de ses nombreuses addictions.
    Faire de sa vie un équilibre sans précipitation.

    Bon article et développement très utile, même si, je ne partage pas la compétition du nombre d’objets, surtout pour un joueur de Mikado…

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    1. Merci Richard. On le nomme en effet de différentes manières, mais le but est identique.
      Je suis d’accord avec toi sur le nombre d’objets. C’est d’ailleurs souvent la première question qu’on me demande. Ce n’est que le sommet de l’iceberg ^^

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  3. Le nombre d’objets ne définit pas un minimaliste.
    En revanche quelqu’un qui a l’envie de vivre avec moins d’objets et qui comprend la différence entre nécessité/utilité.
    Cela peut donner une bien meilleure définition, non ?

    Reste à savoir si au fond, le minimalisme est un état d’esprit transitoire ou un style de vie ?

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    1. Bonjour Juli,

      Merci pour ce commentaire et ton rajout à la définition.
      Le nombre d’objets/l’envie de vivre avec moins d’objets est en effet une partie de ce mode de vie. Mais pas seulement comme je l’indique.

      Ta remarque sur le fait que ce soit transitoire est intéressante. Je compare cela à arrêter de fumer. On devient ensuite non-fumeur, mais cela devient ensuite normal et amène ensuite à d’autres choses. Personnellement, je ne m’imagine pas faire un retour en arrière. Même si je ne dirais pas non à l’expérience d’un très bon cigare ^^

      Grégory

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  4. Le minimalisme est apparu dans ma vie vers 33 ans, j’ai réalisé que je ne supportais pas de voir ces moutons aller aux soldes, etc… J’ai commencé le seconde main, ça m’a changé la vie que ce soit au point de vue dépenses mais aussi vie sociale, plein de gens très intéressants et ouverts dans ce domaine… puis j’ai commencé à vraiment faire le tri, donner, vendre, ranger, épurer, et oui je me sens à présent libre, comme je ne l’ai jamais été… Merci la simplicité 🙂

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