Depuis quand l’amour romantique est devenu la base du couple?

Nous entendons très souvent dans l’ère moderne que l’amour doit être le ciment du couple. La culture, les films, les chansons disent également qu’il faut être amoureux pour être en couple. Est-ce vrai et depuis quand?

Pour cet article, je me suis posé trois questions. Par curiosité, j’ai posé la question à une IA et je trouve que sa réponse était effectivement très pertinente. J’en ai repris les chiffres et quelques idées d’argumentation. Nous pourrons débattre un autre jour sur le fait d’écrire ou pas des articles avec l’IA (ma réponse est oui et non). Je me suis tout de même laissé aller au jeu pour cette fois. J’ai donné mon avis personnel en conclusion.

Voici mes questions:

  1. Depuis quand et pourquoi l’amour romantique est devenu la base du couple,
  2. Comment les couples se formaient avant, avec proportions estimées + frise chronologique,
  3. Quelles sont les proportions aujourd’hui dans le monde.

1) Depuis quand et pourquoi l’amour est devenu le critère dominant pour former un couple

Une idée assez récente

L’idée que deux personnes doivent être amoureuses pour être en couple n’est pas universelle et n’est devenue la norme que depuis le XVIIIᵉ–XIXᵉ siècle en Europe et surtout au XXᵉ siècle dans le monde occidental.

Avant cela, le mariage était surtout :

  • une alliance entre familles,
  • un moyen de transmettre des biens,
  • une question de statut social,
  • ou encore d’assurer la descendance.

D’où vient ce basculement ?

Plusieurs facteurs se combinent :

  1. L’individualisation (XVIIIᵉ–XIXᵉ siècle)

Les Lumières valorisent :

  • l’autonomie individuelle,
  • le bonheur personnel,
  • la liberté de choix.

L’amour devient progressivement une justification acceptable du mariage.

  1. La révolution industrielle (XIXᵉ–XXᵉ siècle)

Les personnes quittent leur village, gagnent leur salaire, choisissent leur vie :

  • moins dépendants de la famille,
  • plus de rencontres possibles,
  • plus de liberté dans le choix du partenaire.
  1. Les mouvements féministes

Avec l’accès des femmes :

  • à l’éducation,
  • au travail,
  • à la contraception,

→ le mariage n’est plus une obligation économique.
→ le choix affectif prend le dessus.

  1. La culture médiatique (XXᵉ–XXIᵉ siècles)

Romans, cinéma, séries, musique… diffusent l’idée :

“Le vrai couple, c’est celui basé sur l’amour.”

C’est l’un des moteurs principaux de la généralisation de l’idéal romantique.

2) Comment les couples se formaient avant – avec proportions et ligne du temps

Il n’existe pas de statistiques globales anciennes, mais les historiens s’accordent sur des ordres de grandeur.

Ligne du temps simplifiée

Antiquité – Moyen Âge (−2000 → 1500)

  • Mariages arrangés, décidés par les familles.
  • Amour secondaire, parfois même suspect.
  • Proportions estimées : 80–95 % de mariages arrangés selon les régions.

XVIᵉ – XVIIᵉ siècle

  • Toujours des mariages arrangés, mais on accorde parfois un droit de veto aux jeunes dans certaines régions d’Europe.
  • Proportions : 70–90 % de mariages arrangés.

XVIIIᵉ siècle

  • L’amour commence à être valorisé dans les classes aisées (Rousseau, romantisme naissant).
  • Mais les pratiques changent lentement.
  • Proportions : 60–80 % de mariages arrangés selon les régions.

XIXᵉ siècle

  • Rupture progressive :
    • classes populaires urbaines → mariages d’amour plus fréquents,
    • élites → mariages encore très stratégiques.
  • Proportions :
    • Europe : 30–60 % de mariages arrangés,
    • Monde : 70–90 % encore arrangés.

XXᵉ siècle

  • Généralisation du mariage d’amour en Occident à partir de 1920–1970.
  • Proportions approximatives :
    • Europe/Amérique du Nord : 80–95 % de mariages d’amour.
    • Asie/Afrique : 40–70 %, très variable selon les pays.

3) Les proportions aujourd’hui dans le monde (approximation 2020–2025)

Il n’existe pas de statistiques mondiales strictes, mais les études sociologiques donnent des ordres de grandeur réalistes :

Mariages “d’amour” : ~55–65 % dans le monde

Mais énorme variation par région :

Région / pays % estimé de mariages d’amour Notes
Europe 85–95 % Le modèle dominant
Amérique du Nord 90–95 % Norme écrasante
Amérique du Sud 70–85 % Mariages d’amour fréquents
Afrique 40–60 % Très variable
Moyen-Orient 30–50 % Mariages arrangés encore importants
Inde 10–25 % d’amour, 75–90 % arrangés Cas unique : les journées sont “arrangées”, mais le consentement moderne est fréquent
Asie de l’Est 40–70 % Japon/Kor : baisse du mariage, montée du célibat
Asie du Sud-Est 60–80 % Très varié

Distinction importante

  • Mariage arrangé ≠ mariage forcé.
    Aujourd’hui, beaucoup de pays pratiquent le “arranged but consent-based”, un modèle hybride.

Résumé express

  • L’idée que “le couple doit être basé sur l’amour” apparaît XVIII, se diffuse XIX, devient dominante XXᵉ siècle en Occident.
  • Avant cela : 80–95 % des unions étaient arrangées pour des raisons économiques ou sociales.
  • Aujourd’hui : environ 60 % de mariages d’amour dans le monde, mais 90–95 % en Occident et seulement 10–25 % en Inde.

Ma conclusion personnelle (sans IA)

Je suis personnellement très satisfait de cette analyse, car même si toute IA a une influence idéologique, j’ai essayé de poser mes questions pour rester le plus neutre possible. Je n’ai pas donné mon avis dans mes questions en essayant de dire si c’était bien ou mal d’un côté ou un autre.

Mon but ici était de mettre en lumière que cette idée de vouloir être amoureux pour être en couple est finalement très moderne. Cela n’empêche pas que cela pouvait existait par le passé. Mais je trouve que ce concept est assez dangereux pour le couple et la famille dans le cas où l’un des deux partenaires a un moment de doute, ou si le couple vit une difficulté. Les sentiments restent très volatiles. Tandis qu’une relation faite sur un choix, une construction au jour le jour et un objectif long terme commun aura plus de chances de réussir. Ma toute petite expérience en cette matière m’a en tout cas confirmé cette règle.

Vous direz sûrement que c’est facile de dire cela, car effectivement, nous restons un être de chair et d’os, sensible aux hormones, aux pulsions et aux histoires qui font rêver. Le bonheur constant est d’ailleurs aussi une idée très moderne, je vous renvoie vers le livre de Pascal Bruckner – L’Euphorie perpétuelle.

Et vous, qu’en pensez-vous?