Aux origines de la Grèce

La Grèce, berceau de la civilisation. On lui doit la science, l’alphabet, l’architecture, les Jeux olympiques et bien d’autres merveilles encore.

Ces notes sont tirées du magazine Sciences et Vie de juillet 2021.

Introduction

Entre les troisième et premier millénaires avant notre ère, l’âge du bronze voit émerger de grandes cultures dont les zones d’influences vont se succéder ou se superposer: les Cyclades, la Crète minoenne, Mycènes et Troie. La Grèce classique est l’héritière de ces périodes aussi agitées que la mer qui est leur écrin.

3200 – 2000 AVJC Les Cyclades, l’aube du monde grec

L’obsidienne de Mélos, un verre volcanique sombre est l’une des ressources clés de l’archipel, qui complète dans son usage le silex. Les Cyclades exportent aussi le marbre et les métaux (cuivre) et en font leur richesse. La croissance est donc économique, mais aussi artistique avec la poterie, les statuettes en marbre, les céramiques.

2000 – 1450 AVJC La Crète des palais

La Crète a abrité une civilisation brillante et raffinée, enrichie par le commerce maritime et inventrice de deux écritures. Elle est appelée aussi la civilisation des minoens, du nom du palais du roi Minos. Elle est connue pour ses palais somptueux qui comprennent des quartiers résidentiels, des salles de réception, des espaces administratifs, des sanctuaires et des magasins organisés sur plusieurs étages.

On suppose qu’il s’agissait d’une société pacifique, car il y avait une absence de structures défensives. Le roi Cnossos connu pour son célèbre palais était sans doute un « roi prêtre ».

1600 – 1200 AVJC: Mycènes la conquérante

À Mycènes, d’immenses palais y étaient construits. Le maître du palais et du royaume était nommé le « wa-na-ka ». La société était aristocratique avec plusieurs personnes gérant le royaume et une classe de soldats. L’activité guerrière était une composante majeure, car la Méditerranée était rarement calme.
Le plus gros de la population était composé d’agriculteurs, d’éleveurs, d’artisans et d’esclaves. La société donna corps au récit d’Homère qui raconte la guerre du roi de Mycènes, Agamemnon, et la ville de Troie.

Sa destruction reste un mystère: envahisseurs, changement climatique, conflits, internes.. La richesse retrouvée dans les tombes témoigne en tout cas du grand pouvoir de cette civilisation.

3000 AVJC – 600APJC Les neufs vies de Troie

La célèbre guerre de Troie récitée par Homère et qui a duré dix ans a-t-elle bien eu lieu? C’est l’archéologue Schliemann qui découvre au 18è siècle, en Turquie, les neuf villes qui ont composé l’histoire de Troie. Située dans un carrefour commercial, elle exportait sa céramique jusqu’en Chypre et au Levant.

Âges obscurs et archaïques: Naissance de la Grèce classique

La religion n’est pas apparue soudainement à l’époque classique. Il s’agit d’une continuité globale débutant dès l’âge mycénien. Certaines divinités existaient déjà (Poséidon, Zeus, Athéna) ou ont été empruntées d’ailleurs (Aphrodite du Moyen-Orient). Les sacrifices d’animaux et les croyances ont survécu via des pratiques privées avant de renaître dans des temples.

Les statues des kouroi s’inspirent d’Égypte, avec leur silhouette athlétique pour ensuite avoir leur propre style, réaliste et détendu.

Les Jeux olympiques

Les Grecs ont la réputation d’un peuple d’athlètes. Ils inventent la figure sociale du champion, auréolé de gloire, érigé en modèle.

“Les jeux témoignent de l’appartenance à une culture commune malgré les rivalités.”

Les premiers rites sportifs apparaissent lors de funérailles. Il y a eu ensuite la course, le pugilat, la lutte, le pancrace, le disque, le javelot ou la course de chars pour les plus aristocrates. Le sport était destiné aux hommes grecs libres, parfois aux femmes (Sparte). Milon de Crotine était le plus grand athlète de l’antiquité.
Les jeux témoignent de l’appartenance à une culture commune malgré les rivalités. Ils perdurent comme divertissement à Rome pour ensuite être interdits au 5e siècle par Théodose 1er.

La révolution alphabétique

Les Grecs ne sont pas les créateurs de l’alphabet, mais ils ont su en créer un nouveau, simple, rapide à diffuser et qui permettra l’unité du monde grec. L’alphabet grec, selon Hérodote, proviendrait de Cadmos, fils du roi phénicien Agénon et fondateur de Thèbes, vers le 8e siècle AVJC.

Athènes et la démocratie

La démocratie n’est pas apparue soudainement, mais fait suite à une participation croissante du peuple aux affaires de la cité grâce à des réformes menées par des aristocrates. Au 7e siècle, une nouvelle classe de commerçant et d’artisans s’enrichit suffisamment pour rejoindre l’infanterie. Une revendication d’égalités se fait entendre, ceci mêlé à une paysannerie qui réclame une redistribution des terres et rejoint ainsi les nouveaux riches.
Jusqu’ici, le droit était « ce que disait le roi », une coutume orale cultivée dans les grandes familles. En 621, l’archonte Dracon édicte un premier code de lois. Après plusieurs soulèvements, des coups d’État et une tyrannie, c’est Clisthène en 507 qui établit les fondements de la démocratie athénienne.

L’exception spartiate

Sparte est l’opposé d’Athènes, celle qui incarne un état guerrier et autoritaire où un corps civique restreint domine le reste de la population. Les habitants sont réduits au statut d’hilotes, des paysans asservis. Les spartiates, eux, sont interdits de toute activité économique ou tout travail. De nombreuses révoltent apparaissent entre hilotes (au nombre de 200 000) et spartiates (10 000). Dès sept ans, les jeunes spartiates sont écartés de leur famille, vivent en collectivité et apprennent l’art de la guerre jusqu’à trente ans.

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