J-16 L’homme vient de Mars

Je suis avec mon frère dans le parc Royal à Bruxelles. Le soleil tape, les couples se créent, les célibataires sont en chaleur, on voit un groupe qui fête un enterrement de vie de jeune fille. Il y a encore des fous qui se marient.

J’ai discuté récemment avec une amie du mariage et des conventions. Au-delà des aspects financiers, le mariage installe surtout un engagement moral. La génération x et y se marient moins avec leur premier amour. Mes parents ont même dû se marier pour pouvoir quitter le domicile familial. Sans parler des enfants, impossible d’en faire tant qu’on n’était pas marié. Aujourd’hui, c’est complètement différent. Beaucoup de personnes vivent ensemble et avec des enfants sans se marier. Certains disent même que l’homme et la femme ne sont pas faits pour rester ensemble toute une vie. Un village aux États-Unis est totalement libertin. Tout le monde sort avec tout le monde. Et cela créerait même moins de conflits. Le libertinage, la meilleure invention de l’humanité. Juste après la mono roue électrique.

16h55: Je décide de complimenter chaque personne qui me paraît originale. Je rencontre Kate sur une terrasse. Elle porte un pantalon en velours violet, une coupe au carré, des lunettes rondes blanches et un chemisier en soie avec un motif camouflage sous un blazer noir en lin. Je lui dis directement que j’adore son style. On commence à discuter pendant dix minutes de café trendy et de chapeaux en poils de lapin.

En faisant mes courses, je remets le couvert avec Sophie, une jeune Africaine au style incroyablement coloré. J’ai envie de devenir africain tout d’un coup. Elle me conseille de voir Furyo, un film avec David Bowie et Ryuchi Sakamoto. Je n’ose pas lui dire qu’en ce moment, je préfère Ulysse. On discute et elle me dit que les gens n’osent pas dire ce qu’ils pensent, même pour dire un compliment.

Et elle avait raison. Les gens ont peur ou sont formatés à recevoir un compliment uniquement en échange de quelque chose. Comme si c’était interdit de juste s’exprimer et transmettre sa spontanéité. Je continue avec une dizaine de personnes. Quand je complimente un homme sur son style, soit il me regarde bizarrement en croyant que je veuille le draguer, soit ça lui plaît et du coup, c’est lui qui me drague. Donc pour éviter les malentendus. Je décide de poursuivre uniquement avec les filles et les femmes. Ce qui n’est pas désagréable.

19h45: On assiste juste devant nous à un déploiement de cinq camions de pompiers et de dix combis de policiers. On voit les pompiers descendre avec leur tenue, leur masque et leur bonbonne d’oxygène. Ils préparent leurs lances. Pas de fumées. Pas de feu. Rien ne se passe finalement. Mis à part quelqu’un qui passe sur le trottoir avec une mono roue. Après cinq minutes, ils décident de repartir. Fausse alerte. Dommage, il commençait justement à rafraîchir dehors. Ça me rappelle la banque. Certaines journées, il ne se passait absolument rien. J’espérais parfois qu’il y ait un hold-up pour avoir un peu d’action.

4 comments

  1. J’aime bien cette idée d’aller vers les gens et leur faire un compliment! J’en ris en imaginant ce que ça pourrait donner si je faisais ça dans ma cambrousse! Peut-être qu’il faudrait que je le fasse…
    Ça m’intéresserait de savoir comment tu t’es senti toi en faisant ça, et face aux réactions des personnes (à part pour les hommes où si j’ai bien compris il semble y avoir surinterprétation de leur part quant à l’intention.).

    1. Je me sentais comme un Père Noël qui distribue ses cadeaux. Les gens réagissaient pour la plupart très positivement. Ils étaient même surpris car ils n’ont pas l’habitude de cette démarche.

  2. Ulysse d’Homère ou de Joyce?

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