Les femmes sont des objets

Cette après-midi, je visite un salon du bâtiment. Un vendeur m’aperçoit et me dit « Bonjour cher Monsieur, si ça vous dit, je vous vends cette chaise et ma très belle collègue en même temps, ahahah ».

Tout le monde rigole et puis on passe à autre chose. On trouve cela même normal. C’est une plaisanterie et rien de plus.

Vraiment rien de plus?

Deux pas plus loin avec une amie, on passe à un autre stand. On y vend des contrats pour l’énergie. Je dis à la vendeuse « Nous n’achetons rien. On est juste ici pour faire un tour. » Et la vendeuse répond « Vous avez raison, il faut bien faire sortir madame de temps en temps ».

Tout le monde rigole. Et puis on passe à autre chose.

Depuis plusieurs mois maintenant, je débats de plus en plus sur le féminisme. Rappelons la définition du féminisme, il s’agit d’un mouvement qui prône l’égalité des sexes. Le mot femme est mis en évidence, car il s’agit d’abord de la femme qui doit reprendre du pouvoir pour récupérer un équilibre par rapport aux hommes.

Un point de déséquilibre parmi d’autres, c’est que les femmes sont parfois traitées comme des objets de désir. J’ai l’impression que cela est accepté consciemment et inconsciemment que ce soit par des hommes, mais aussi par des femmes. On peut penser à des objets au sens strict comme dans certaines cultures qui échangeaient des femmes contre quelques chameaux. (J’aurais préféré du chocolat, mais bon. Ok ok, restons sérieux.)

Qu’est-ce que cela provoque de se sentir comme un objet? Est-ce bien ou mal? Je crois que le plus important est d’abord de savoir si on est conscient de cela et si cela nous provoque une souffrance.

Qu’entend-on par objet? Je crois qu’on entend par là qu’il s’agit de quelque chose qu’on peut manipuler à sa guise sans forcément avoir l’avis de l’objet lui-même. Ceci peut donc parfois amener à des abus ou de la maltraitance.

Je doute personnellement que beaucoup de personnes puissent choisir en état de conscience d’être considérées comme un objet. Sauf dans certains cas, je pense par exemple au sadomasochisme. Si vous connaissez d’autres cas, je suis intéressé.

Cet état de conscience est sûrement la première étape et la plus importante.

Pour ma part, je n’étais pas conscient que j’étais influencé par la société de consommation, par les médias, la pression sociale et familiale, la culture, la religion ou le système de management. Jusqu’au jour où j’ai pris conscience de cela et où j’ai décidé de changer mon style de vie et d’agir.

Je crois que certaines femmes n’ont pas encore conscience de cela. Ou peut-être le sont-elles, mais elles se retrouvent à des hommes qui eux, ne le sont pas. Et peut-être que ces hommes sont conscients, mais qu’ils ne s’en préoccupent pas plus que cela tout simplement. Peut-être même que certaines femmes en sont conscientes et ne s’en préoccupent pas plus non plus. Ce n’est pas si simple en fait.

Toutefois, j’aime partir toujours du principe que la plupart des gens ne souhaitent pas faire de mal volontairement. Je suis sans doute trop optimiste, mais dans mon expérience personnelle, j’ai rarement rencontré quelqu’un qui était profondément né pour nuire au monde. Il s’agit plutôt souvent de contextes et d’habitudes.

De manière assez proche, j’ai pu être témoin de violences faites par des personnes qui au fond d’elles, ne font que répéter des schémas qu’elles ont elles-mêmes connus. Attention, je ne déculpabilise pas. J’essaie juste de comprendre.

Je crois qu’il est d’abord important de discuter de ce sujet pour au moins éveiller la conscience. Et puis, on passera à la deuxième étape, agir tout simplement. (Ou manger du chocolat)

On m’a recommandé deux sources sur le sujet du féminisme:
– Le reportage 28 jours d’Angèle Marrey
– Le livre Men Explain Things to Me de Rebecca Solnit

J’ai pu à l’instant découvrir le reportage « 28 jours » qui présente la réalité que vivent les femmes par rapport à leurs menstruations. Un phénomène qui a été rendu tabou, sale et impropre dans notre culture. Et pourtant, dans d’autres cultures, il s’agit d’une fête et de quelque chose de magnifique. On y parle aussi des anciens Grecs où les femmes étaient très libérées et affranchies par rapport à leurs plaisirs.

J’aurais décidément voulu vivre l’époque de mes aïeux. Il s’agissait du moment où l’Épicurisme prenait son envol.

Si vous avez d’autres sources intéressantes par rapport au féminisme, n’hésitez pas à le partager. C’est sûrement un sujet complexe et qui mérite d’être approfondi.

J’espère aussi que vous comprendrez l’audace du titre. Bien évidemment, je ne trouve pas que les femmes soient des objets. Pas plus qu’un homme ne doit l’être d’ailleurs. J’aime les femmes. Pas uniquement sexuellement. J’aime vraiment les femmes. Car jusqu’à présent dans ma vie, ce sont elles qui m’ont d’abord changé et fait grandir. Des hommes aussi bien sûr. Mais les femmes d’abord.

Voilà pourquoi le féminisme est un sujet qui m’intéresse. Et il pourrait faire encore la base d’un autre article.

Et même si c’est un sujet indirectement lié, je trouve que c’est cela aussi le minimalisme. C’est profiter de la vie au maximum et être heureux avec les personnes et le monde qui nous entoure.

10 comments

  1. Bonjour,
    Je suis surprise que personne n’ai laissé de commentaire sur un sujet si intéressant! D’autant qu’une grande part du lectorat semble féminin 🙂
    Il me semble que tu as oublié un autre aspect: la femme peut être consciente d’être objetisée et ne pas apprécier cet fait mais avoir un rapport ambigü à cela: refuser d’être un objet c’est aussi compliqué! Cela implique de s’opposer à un mode de fonctionnement très ancré dans les mentalités et dans la société actuelle. Refuser d’être un objet c’est aussi assumer de devenir « invisible » aux yeux d’un certain nombre, perdre sa « féminité »….C’est très difficile de tenir tête à ce genre de propos sans que cela devienne agressif (parce que « bah on plaisante, hein! Faut pas vous fâcher, ma p’tite dame!!! »). Bref. La femme-objet a encore de beaux jours devant elle!

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    1. Merci Sophie pour ton commentaire.
      Un sujet qui est apparemment toujours épineux, mais important.
      C’est intéressant qu’on puisse considérer la femme objet à la féminité, je ne le voyais pas de cette manière.
      Dire que j’adore les beaux objets haha 🙂

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    2. Salut Grégory, je suis ravie que tu te poses ces questions. Venant d’un garçon, c’est inhabituel et ça fait plaisir, vraiment. :o)
      Bonjour Sophie, tu as mis le doigt sur le problème.
      En effet, la difficulté, c’est que beaucoup de filles, même si elles s’en agacent en leur for intérieur, ne vont rien dire face à une bêtise sexiste, de peur de passer pour des emmerdeuses.
      Le problème est encore plus frappant lorsque c’est toute notre culture (par le biais de films, par exemple) qui propose un modèle où il est tout naturel d’agresser une femme, parce que « ça la fera tomber amoureuse » (voici à ce sujet un excellent article : https://abompard.wordpress.com/2017/02/13/7-raisons-pour-lesquelles-tant-dhommes-ne-comprennent-pas-le-consentement-sexuel/). Heureusement, les choses changent et d’autres modèles (de comportements masculins comme féminins) sont proposés progressivement.
      Une dernière question, à laquelle je n’ai pas vraiment trouvé de réponse malgré mes efforts : qu’est-ce que c’est, « être féminine » ? Si c’est être coquette, c’est raté pour moi. Et pourtant, je me sens très réussie, comme fille. Alors ? Il me semble que ça mériterait une petite enquête, à l’occasion. ;o)
      Bonne journée à tous.

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      1. C’est en effet une question qui revient souvent: qu’est-ce qui différencie réellement la féminité de la masculinité?
        Je crois que les différences peuvent être personnelles et même culturelles.
        Je donnerai ma notion lors d’un prochain article. Même si j’en donne déjà un aperçu par mes illustrations.

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  2. C’est ce qui est compliqué 🙂 Parce qu’on aussi envie (enfin je suppose) de se voir « belle » ou « désirable » dans le regard d’autrui…mais sans pour autant devenir un objet…mais sans pour autant renoncer à notre féminité (quelque soit la définition toute personnelle que chacune met derrière ce mot)…bref…c’est compliqué, non? 😀

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    1. Je crois qu’il est posible de rester belle, désirable, libre et féminine. C’est justement ce genre de femmes qui me plaisent 🙂

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  3. Finalement dans notre société de consommation qui glorifie le matérialisme, ne sommes nous pas tous a un moment ou a un autre un objet?
    Prenons le monde du travail par exemple, il n est vraiment pas rare que l individu, homme comme femme, soit réduit a un espèce d automate humain et rien de plus.
    Bref je pense que la question va bien plus loin que les femmes.

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    1. Bonjour Ben et merci pour ce commentaire.

      C’est vraiment étonnant pour moi de revenir sur un article écrit il y a près de deux ans, car je trouve que mon avis a évolué depuis.
      À ce moment, je fréquentais quelques personnes assez actives dans ce post féministe présent actuellement et à vrai dire, je ne me reconnais absolument plus dans ce combat qui est devenu plus un combat des sexes qu’un combat pour l’égalité.

      Pour répondre à votre question, je suis totalement d’accord. Peu importe le sexe, la condition sociale ou la culture, notre société de consommation nous a réellement transformés en citrons à presser et à jeter à la moindre faiblesse. L’économie a toujours et restera un sujet important, mais il est dommage aujourd’hui de le mettre en avant plan par rapport aux liens sociaux, à une culture forte et commune, à notre lien avec notre environnement. Nous sommes déracinés de ce que nous sommes, déracinés de notre passé et même de notre corps, notre sexe ou notre ethnie. Nous sommes résumés à des espèces de pièces interchangeables avec plus aucune spiritualité ou liens communs.

      Les Grecs prônaient le fait de se connaître, de connaître sa juste place et de la garder. Et de ne surtout pas dépasser les limites de la raison, car nous ne devenons alors plus des hommes, mais des machines. Certains épisodes de la série Black Mirror sont parfois criants de vérité.

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  4. Je suis une femme féministe et je suis navrée de me rendre compte que beaucoup de femmes agissent en objet qu’elle que soit la culture.. Exemple dans la culture japonaise le désir des hommes (en général ) est plein de pudeur et le fantasme absolu est celui de la petite vierge effarouchée à qui on apprendra tout .. et bim la plupart des nanas jouent les femmes enfants kawaii naïves etc… pareil dans les pays musulmans , le fantasme ultime c’est la vierge croyante pudique qui baisse le regard et bim les femmes sont majoritairement voilées et certaines n’hésitent pas à avoir recours à la chirurgie de l’hymen pour se payer une virginité .. bref je pense que le jour où les femmes agissant en objet en prendront conscience et décideront de sen libérer pour être elle même au risque de déplaire aux hommes de sa condition (son genre d’hommes?) elle aura enfin trouve sa liberté ..

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    1. Bonjour chère Beniouioui,

      Merci pour ton commentaire et ton témoignage. Je me rends compte que mon avis s’est nuancé depuis l’écriture de cet article. Tout d’abord, je suis bien naturellement contre le fait de considérer quelqu’un comme un objet, peu importe son sexe. Mais je me rends compte qu’à cette époque, j’avais une autre vision du monde.

      En premier lieu, je mettais une hiérarchie sur les femmes en disant que c’est d’abord elles qui m’ont le plus apporté dans ma vie. Avec le recul, je ne suis plus d’accord et je ne souhaite classer ni l’un ou l’autre sur un podium. Les hommes et les femmes m’ont développé de manière complémentaire et j’en suis très heureux.

      Ensuite, je trouve que je victimise les femmes dans cet article de manière trop stéréotypée. Des femmes comme l’écrivaine Régine Pernoud ou plus récemment la journaliste Cassie Jay (« The Red Pill ») m’ont apporté une manière plus juste de voir la vie des hommes et des femmes. Je vous invite à les découvrir et à me faire part de votre avis.

      Dans tous les cas, merci de m’avoir rappelé l’écriture de cet article. Je rajouterai pour finir que je ne cautionne en aucun cas les opérations chirurgicales concernant l’hymen ou le port du voile obligatoire. Je crois que même si nous ne sommes pas parfaits, je trouve que nous pouvons en tout cas être fiers de notre civilisation en Occident.

      Au plaisir de vous lire,
      Gregory

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