Les différences cognitives entre les hommes et les femmes

Voici un résumé de la conférence donnée par Franck Ramus, chercheur au CNRS. Alors finalement, y a-t-il des différences entre les hommes et les femmes ou pas? Voyons cela.

Y a-t-il une différence de taille du cerveau entre hommes et femmes?

Les femmes: 1070 cm3
Les hommes: 1230 cm3
Différence moyenne: environ 8,7%
Est-ce dû uniquement à la différence de taille? Non, car cette différence est présente dès la naissance et à tous les âges, quelle que soit la taille.

Y a-t-il vraiment un lien entre QI et volume cérébral?

Oui, selon une Meta analyse de 37 études basées sur 1530 participants
Mais y -a-t-il une différence de QI entre hommes et femmes? Non selon cette même analyse. Plus un cerveau est grand, plus la personne est intelligente, mais il s’agit d’une différence incluse au sein du groupe et qui ne fait pas de lien entre les deux groupes.

Y a-t-il toutefois des différences cognitives entre les sexes?

Certaines structures relatives ont en effet un volume différent même proportionnellement. Les différences sont surtout prononcées dans le système limbique, celui des émotions.

Quelles sont les différences cognitives entre les hommes et les femmes?

Le QI est égal en moyenne
Les hommes sont plus fort dans les imageries mentales, viser et lancer un objet.
Les femmes sont plus fortes dans la reconnaissance d’image, la mémorisation d’objets, certaines tâches verbales, la motricité fine.

Ces différences sont-elles réelles?

Lors d’un test sur deux groupes, un même exercice a été donné. Le premier groupe a reçu comme instruction de résoudre un problème d’algèbre et l’autre groupe un problème de graphisme. L’algèbre étant une croyance disant que les femmes seraient moins fortes, c’est le premier groupe qui a présenté des différences plus marquées entre les hommes et les femmes. Tandis que dans le deuxième groupe et avec le même exercice, la différence était beaucoup plus légère.

Après analyse, les hommes ont en effet un avantage dans les aptitudes logiques et les femmes dans les aptitudes d’empathie. Ces différences sont toutefois de petite taille. Mais même s’il s’agit de petites différences, ces dernières se font plus grandes en proportion au nombre de personnes dans chaque groupe. Par exemple, jusqu’à un niveau moyen d’agressivité, il y a autant d’hommes que de femmes. Par contre, pour un niveau élevé d’agressivité, il peut y avoir une différence jusqu’à huit hommes pour une femme. D’où le nombre d’homicides commis de manière plus nombreuse par les hommes. Les différences sont donc plus marquées sur le niveau hors moyenne des aptitudes.

Ces différences sont-elles induites exclusivement par l’éducation et par des facteurs sociaux?

Les sexes sont différenciés par une différence de chromosome XX et XY.
Le gène SRY différencie les gonades en testicules, qui sécrètent de la testostérone. Ces hormones provoquent des changements de tissus, y compris dans le cerveau.
Chez les animaux non humains, des analyses ont prouvé que des différences hormonales ont des effets sur les fonctions cérébrales et cognitives.
Les taux de testostérone produits durant la période fœtale ont des effets plus tard sur les traits cognitifs. Une femme pourra alors avoir des traits typiquement masculins si elle a reçu plus de testostérone (tâches de rotations mentales, tâches mécaniques).
Après trois mois, des différences ont été notées sur des bébés. Les mâles préférant des jouets avec des parties mécaniques et mobiles (voiture) et les femelles préfèrent les poupées. Ces différences ont aussi été observées chez des macaques.
Les hommes et les femmes peuvent donc avoir des préférences pour certaines activités (ingénierie, social), mais cela ne signifie pas que les capacités soient différentes.

En résumé: les différences entre les sexes

Il n’y a pas de différence en QI global, mais des différences subtiles de profils cognitifs
Les différences peuvent être influencées par des facteurs sociaux, comme l’éducation et la menace du stéréotype.
Certaines de ces différences (rotation mentale, préférence de jouets/activités, agressivité) sont également observées:

  • Chez des bébés et enfants très jeunes
  • Dans des espèces non humaines
  • Il y a des effets intermédiaires chez des filles ayant été exposées à plus de testostérone
  • Les facteurs sociaux ne peuvent pas les expliquer totalement, mais peuvent les amplifier

Les différences cérébrales:
Le volume total est différent
Certaines régions corticales et sous-corticales sont différentes

Pouvons-nous donc affirmer que les hommes et les femmes sont égaux en tous points et qu’il n’existe aucune différence?

C’est risqué de le dire, car il existe déjà des preuves de différences. Il existe donc effectivement des différences d’intelligence entre les deux sexes mais que ces différences sont complémentaires.
Par contre, il faut continuer de lutter contre les discriminations pour des raisons telles que l’égalité des droits, et la justice. Il faut juger les gens par rapport à leurs qualités individuelles et pas par rapport à la moyenne du groupe.

Il ne faut pas non plus avoir peur des différences, car elles sont inévitables et qu’il s’agit aussi d’une chance.

 

Sources:
Lenroot et al. 2007 Nuroimage
McDaniel, 2005, Intelligence
Ruigrok et al. 2014 Neurosci. Biobehav. Rev.
Fjell et al. 2009 J. Neurosci
Kimura 2003
Spencer, Steele & Quinn 1999 J. Soc. Exp. Psychol.
Archer 2004 Rev. Gen. Psych.
Berenbaum et al. (2012) Behaviour Neuroscience
Berenbaum & Snyder 1995
CNRS

Vidéo originale:
https://www.youtube.com/watch?v=L2nI1P03f90&feature=youtu.be

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