Pascal Blaise – Pensées

Découvrez ma sélection des Pensées de Pascal.Je poursuis dans ma lancée avec ma lecture des grands philosophes. Je ne connaissais Pascal que de nom et j’avoue que l’édition proposée par Flammarion était très facile à lire. Les Pensées sont finalement un recueil de textes et de notes écrites par le philosophe vers la fin de sa vie. Pour rappel, Pascal Blaise est né en 1623 en France et mort à 39 ans. Il fut philosophe, mathématicien, inventeur, physicien, moraliste et théologien. Un personnage exceptionnel.

Les pensées

La vraie éloquence se moque de l’éloquence, la vraie morale se moque de la morale; c’est-à-dire que la morale du jugement se moque de la morale de l’esprit qui est sans règles (..) Se moquer de la philosophe, c’est vraiment philosopher.

L’éloquence est un art de dire les choses de telle façon: 1. Que ceux à qui l’on parle puissent les entendre sans peine et avec plaisir; 2. qu’ils s’y sentent intéressés, en sorte que l’amour propre les porte plus volontiers à y faire attention.

L’homme est plein de besoins: il n’aime que ceux qui peuvent les remplir tous.

Voulez-vous qu’on croie du bien de vous? n’en dites pas.

L’homme n’est qu’un sujet plein d’erreurs naturelles et ineffaçables sans la grâce. Rien ne lui montre la vérité. Tout l’abuse; ces deux principes de vérité, la raison et les sens, outre qu’ils manquent chacun de sincérité, s’abusent réciproquement l’un l’autre. Les sens abusent la raison par de fausses apparences.

L’homme n’est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l’égard des autres. Il ne veut donc pas qu’on lui dise la vérité. Il évite de la dire aux autres; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son coeur.

Le temps guérit les douleurs et les querelles, parce qu’on change; on n’est plus la même personne. Ni l’offensant, ni l’offensé ne sont plus eux-mêmes.

Il n’aime plus cette personne qu’il aimait il y a dix ans. Je crois bien: elle n’est plus la même ni lui non plus.

Notre nature est dans le mouvement; le repos entier est dans la mort.

Rien ne plaît que le combat, mais non pas la victoire: on aime à voir les combats des animaux, non le vainqueur acharné sur le vaincu. On aime à voir, dans les disputes, le combat des opinions; mais de contempler la vérité trouvée, point du tout.

Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être: nous voulons vivre dans l’idée des autres d’une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître. Nous travaillons incessamment à embellir et à conserver notre imaginaire et négligeons le véritable.

Nous sommes si présomptueux, que nous voudrions être connus de toute la terre, et même des gens qui viendront quand nous ne serons plus; et nous sommes si vains, que l’estime de cinq ou six personnes qui nous environnent nous amuse et nous contente.

Qu’ils apprennent au moins quelle est la religion qu’ils combattent, avant de la combattre (..) Il faudrait, pour la combattre, qu’ils criassent qu’ils ont fait tous leurs efforts pour la chercher partout, et, même dans ce que l’Église propose pour s’en instruire, mais sans aucune satisfaction. S’ils parlaient de la sorte, ils combattraient à la vérité une de ses prétentions. Mais j’espère montrer ici qu’il n’y a personne raisonnable qui puisse parler de la sorte; et j’ose même dire que jamais personne ne l’a fait. (..)

(..) L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l’indifférence de savoir ce qui en est.

Il importe à toute la vie de savoir si l’âme est mortelle ou immortelle.

S’il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque, n’ayant ni parties ni bornes, il n’a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu’il est, ni s’il est.

Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est (..) si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien.

Il n’est pas certain que la religion soit; mais qui osera dire qu’il est certainement possible qu’elle ne soit pas?

Le coeur a ses raisons, que la raison ne connaît point (..) C’est le coeur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi: Dieu sensible au coeur, non à la raison.

L’homme n’est ni ange ni bêtes, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.

Il n’est pas bon d’être trop libre. Il n’est pas bon d’avoir toutes les nécessités.

Nous n’avons ni vrai ni bien qu’en partie, et mêlé de mal et de faux.

Les stoïques disent: « Rentrez au-dedans de vous-même; c’est là où vous trouverez votre repos ». Et cela n’est pas vrai. Les autres disent: « Sortez en-dehors: recherchez le bonheur en vous divertissant ». Et cela n’est pas vrai. Les maladies viennent. Le bonheur n’est ni hors de nous ni dans nous; il est en Dieu, et hors et dans nous.

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