À la gare – Partie 2/3

La suite de me pensées désordonnées pendant que j’attendais à la gare de Bruxelles.

Il est 21h22. Un train vers Anvers va partir dans deux minutes, c’est ce que vient de dire la voix au parlophone. C’est une voix de femme, mais robotisée. La voix est chaleureuse, mais elle n’est pas vivante. Je préfère les femmes vivantes. J’ai une personne proche qui est féministe. Ce matin avec mon frère, on s’est dit qu’on essaierait bien ce nouveau jeu de réalité virtuelle où on tue des zombies. Alors pour plaisanter, il dit qu’on devrait inviter notre chère défenseuse des femmes et juste pour la taquiner pendant le jeu, on tuera uniquement les zombies femmes. Parfois, mes pensées sont sadiques. Même très sadiques. Je crois que je dois être fou. Je crois aussi que tout le monde a des pensées sadiques, tordues et totalement socialement non acceptables. Je pourrais commencer avec ce qui se passe sexuellement dans certains couples. Mais je ne le ferai pas, car ce serait trop choquant pour ce blog politiquement correct pour ne pas trop se faire censurer par Google. Et de toute manière, vous en avez déjà une idée. Vous êtes sûrement même déjà passés et passées par là. Je n’avais pas envie d’écrire “passé.e.es” parce que je trouve que cette orthographe inclusive totalement hideuse. Est-ce que je préfère la beauté à l’égalité des genres? Oui.

Il est 21h30, ce moment d’écriture est une véritable auto thérapie. Houla, je viens de sentir un vent très frais pendant presque dix secondes. Je crois qu’il fait de plus en plus froid dehors. Je pense à ces gens dans la rue. Et je pense à mon ancien lapin nain que j’avais dans mon appartement il y a plusieurs années. Il n’y a aucun lien, mais j’avais envie d’y penser. J’étais très attaché à elle. Elle s’appelait Woody. Il y a maintenant deux filles à côté de moi qui discutent et rient très fort. J’ai envie de leur demander de se calmer, mais en même temps, ça me permet d’écrire quelque chose.

Ce joueur de violon joue la même musique depuis trente-cinq minutes. C’est affreux. J’ai déjà fait de la musique avec un synthétiseur. C’était franchement bien, j’étais très content du résultat. J’ai l’impression que mon pied est dans le passage. Je vois les gens le contourner. Je pourrais simplement le rapprocher ou me reculer. Mais je n’ai pas envie et puis je suis occupé à écrire.

Dans la gare, il y a des gens de tous types. Il y a des couples jeunes, des couples vieux, il y a ce sans-abri assis sur les escaliers où il est interdit de s’asseoir. Il y a ce groupe de jeunes qui attendent. Il y a deux hommes qui discutent, dont un qui regarde vers ma direction. Il y a une fille avec une coque de téléphone orange fluo, elle descend les escaliers en regardant son téléphone. Je déteste les gens accros à leur téléphone. Il y a ce couple qui regarde sur un de leur téléphone. Il y a ce groupe de jeunes qui décide de se diriger vers la voie, la moitié d’entre eux regardent leur téléphone en descendant l’escalier. Il y a cette fille avec un super imperméable en cuir tout droit sorti du film The Matrix. J’adore ce film.

Je pourrai encore parler des gens pendant une heure vingt. J’aimerais dire des choses sur les gens, mais on va me trouver trop superficiel. Je suis peut-être trop superficiel en fin de compte. Je porte vraiment beaucoup d’importance à l’esthétique et au sensoriel comme la lumière ou le son. Il y a des gens qui ont vraiment une tête de Flamand et d’autres qui ont une tête de Wallon. Je ne saurais pas l’expliquer. Il faut avoir vécu à Bruxelles pour comprendre cela.

Le type assis sur l’escalier, le sans-abri, j’ai l’impression qu’il a descendu son pantalon. Et je crois que ce n’est pas une impression. En fait, tu n’as pas besoin de voyager pour raconter des histoires. Il suffit de te poser pendant deux heures assis dans une gare et tu as presque de quoi écrire un livre. Je commence à avoir faim.

Lisez la première partie ici