Balade avec Épicure – Daniel Klein

Il est 21h05, je suis chez moi, allongé sur le divan. J’entends la pluie tomber dehors. Je viens de terminer le livre « Ballade avec Épicure » du philosophe américain Daniel Klein.

Pour vous accompagner dans la lecture, je vous mets le lien du requiem de Gabriel Fauré. Une musique que l’auteur mentionne dans son ouvrage.

Daniel Klein raconte son voyage en Grèce, à l’âge de 72 ans, et il y fait des liens avec le philosophe antique Épicure. Mais j’avoue que ce qui m’a le plus touché, c’est justement le témoignage personnel de l’auteur. Un homme âgé qui raconte les difficultés d’accepter cette dernière phase de cette vie, surtout pour la génération de l’occident. La jeunesse n’a jamais été aussi glorifiée et la vieillesse n’a jamais été aussi refoulée et mise de côté.

Il appelle cela la volonté d’être « jeune à jamais ». Lifting, prise d’hormones, viagra, les pensionnés sont même considérés comme une partie importante des consommateurs (Quand les seniors assurent la croissance de la France – 2017). La vieillesse et la mort sont niées plus que jamais. À nouveau, il s’agit de ce phénomène du « sans limites ». La société de consommation et le libéralisme nous font croire qu’il est possible de vivre à l’infini, de devenir presque immortels grâce à la consommation de biens et d’activités toujours plus nombreuses et dénuées de sens.

« Le visage d’un homme dit la vérité à son sujet. »

Le véritable épicurisme proposerait plutôt de savourer la vie avec des choses simples (lire article Épicure, la sagesse des plaisirs). D’ailleurs, Épicure prônait les plaisirs spirituels avant les plaisirs sensoriels. Pour lui, le plus grand bonheur était dans l’amitié. Et plus que jamais, nous devrions nous inspirer de sa philosophie plutôt que de se masturber devant le dernier sac à la main, le prochain voyage ou le futur événement Facebook à vivre.

« Avant de regarder à ce que vous devez boire et manger, regardez à ceux avec qui vous devez boire et manger. »

David Klein parle aussi de la manière avec laquelle terminer sa vie. On y comprend une notion de qualité plutôt que de quantité. Notre système de santé actuel ne fait finalement que prolonger la fin d’une vie remplie de souffrances comme les maladies de Parkinson ou les incontinences.

« La vie prolongée est la nouvelle mort »

Même si ce livre est paru en 2015, je trouve qu’il fait écho à ce que nous vivons avec ce virus qui décime les plus fragiles. Finalement, nous courons sans cesse pour prolonger notre vie et la remplir avec le plus de choses possibles. Mais ne devrions-nous pas nous demander si ces choses valent la peine, quel sens donnent-elles réellement? Qu’y a -t-il de plus important dans cette existence si ce n’est les relations humaines et le souvenir que nous laisserons à nos proches? Voilà les grandes lignes que j’ai retenues de ce livre que je vous recommande, que vous soyez jeunes ou moins jeunes.

« Ce n’est pas de vivre qui est désirable, mais de bien vivre. Le sage vit autant qu’il le doit, non autant qu’il le peut. »

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